Fuite d'ammoniac chez Picard

Le 27 avril 2005 par Christine Sévillano
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Une fuite d'ammoniac a eu lieu sur le site de stockage du producteur de surgelés Picard. L'incident, qui a causé l'hospitalisation de 27 personnes, s'est produit pendant l'opération de maintenance d'un sous-traitant qui pourrait être tenu pour responsable.

Samedi dernier, une fuite d'ammoniac en provenance du site de stockage de Picard, près de Nemours (Seine-et-Marne) a provoqué une gêne importante pour 42 personnes qui se trouvaient principalement sur l'aire d'autoroute à proximité de cette installation classée soumise à autorisation; 27 d'entre elles ont dû être hospitalisées pour des irritations respiratoires sérieuses. L'incident est survenu au moment d'une opération de maintenance.

Des salariés de la société Matal, fournisseur d'équipements de froid industriel, intervenaient sur le site de Picard pour remplacer un condenseur. Il leur fallait vider l'ammoniac présent, utilisé comme liquide frigorigène dans l'installation, vers des containers placés à l'extérieur de l'entrepôt. La fuite a émané d'une fissure d'un de ces réservoirs appartenant à Matal. Les employés se sont protégés et ont donné l'alerte. L'exploitant du site a aussitôt déclenché le Plan d'opération interne (POI).

Les premiers éléments d'enquête, recueillis par la Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (Drire) d'Ile-de-France, montrent que le réservoir éventré s'est vidé des deux tiers de sa contenance laissant s'échapper près de 300 kilos d'ammoniac. Le tiers restant a été dilué et cloué au sol par l'eau des pompiers. «Il s'agit donc d'un problème d'équipement sous pression. L'origine exacte de l'éventration reste inconnue, elle va nécessiter une expertise plus approfondie, mais Picard devrait être dédouané de toute responsabilité. Reste à savoir si elle incombe au détenteur (Matal) ou au fabricant», affirme Jane Silvert, adjointe au chef de la division environnement et chef du pôle risques de la Drire. En outre, elle rappelle que ce type de matériel subit des tests de résistance importants avec sa mise sur le marché. Matal pourrait être dégagé de responsabilités s'il peut prouver qu'il a fait tous les contrôles nécessaires.

Chez Picard, on pense désormais aux mesures éventuelles pour éviter le renouvellement d'une telle situation. «Nous pourrions mettre les containers à l'intérieur des entrepôts pour assurer un meilleur confinement en cas de fuite», suggère Georges Grunenwald, directeur de la communication et de la qualité chez Picard. Toutefois, Matal a expliqué à la Drire que cette solution entraînerait d'autres problèmes: les containers remplis pèsent plus d'une tonne et les manipuler avec des chariots élévateurs est une opération qui présente des risques.

Autre solution: prévoir une aspersion d'eau permanente sur les réservoirs afin que l'ammoniac soit instantanément dilué en cas de fuite. «C'est difficilement envisageable techniquement, quand on pense que l'opération de maintenance a duré cette fois-ci trois jours. Et ce procédé serait moins efficace qu'un placement direct dans les bâtiments», conclut Jane Silvert. Le ministère chargé de l'environnement a fait savoir que les enseignements de l'enquête administrative devraient servir à améliorer la sécurité de ces sites.




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