Fruits rouges: les virus détiennent la clé des champs

Le 18 septembre 2013 par Romain Loury
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, 0,7% des framboises fraîches, 3,2% des framboises surgelées son porteuses du virus.
, 0,7% des framboises fraîches, 3,2% des framboises surgelées son porteuses du virus.

La sécurité virologique des fruits rouges, dont les fraises et les framboises, laisse fortement à désirer, en raison de pratiques hygiéniques souvent défaillantes au point de production, selon une étude publiée dans l’International Journal of Food Microbiology.

Ces derniers mois, les fruits rouges ont été impliqués dans plusieurs séries de cas d’hépatite A à travers le monde, dont certaines sont toujours en cours: aux Etats-Unis, dans le nord de l’Italie, en Irlande et en Scandinavie (voir le JDLE). Avant cela, l’Allemagne avait été frappée, en septembre 2012, par sa plus forte épidémie de gastro-entérite, en raison de fraises surgelées d’origine chinoise contaminées par du norovirus (voir le JDLE).

Premiers travaux internationaux [1] à étudier la sécurité virologique des fruits rouges, l’étude publiée par Leena Maunula, de la faculté de médecine vétérinaire d’Helsinki (Finlande) et ses collègues, suggère de fréquentes failles en amont de la chaîne de production. En particulier au niveau de l’eau utilisée pour irriguer les fruits, mais aussi de l’hygiène des mains des personnes chargées de les cueillir.

Les chercheurs ont analysé 785 échantillons recueillis dans 4 pays producteurs (République tchèque, Finlande, Pologne et Serbie), et ce tout au long de la chaîne: eaux d’irrigation, prélèvements au niveau de la main des cueilleurs, toilettes des fermes de production; tapis roulants dans les usines de transformation; fraises et framboises au point de vente.

Sur l’ensemble de ces échantillons, ils ont testé la présence d’adénovirus, peu pathogènes pour l’homme mais qui, en raison de leur omniprésence, sont souvent utilisés comme témoins de l’imprégnation virale de produits alimentaires. Dans cette étude, les contaminations par d’autres virus, tels que les norovirus ou ceux des hépatites A et E, étaient très peu fréquentes [2].

 

Les fermes, points d’entrée des virus

C’est dans les fermes de production que la contamination virale semble la plus probable: l’adénovirus est retrouvé dans 9,1% des eaux d’irrigation, dans 5,8% des prélèvements manuels et dans 9,1% des toilettes. Au final, 0,7% des framboises fraîches, 3,2% des framboises surgelées et 2% des fraises fraîches sont porteuses de ce virus.

Autre source d’exposition à l’adénovirus, le lisier de porc utilisé comme engrais: dans les fermes qui y recourent, 57% des échantillons analysés contiennent de l’adénovirus porcin. Une voie de contamination qui expliquerait peut-être pourquoi l’un des échantillons analysés au point de vente, en l’occurrence des framboises surgelées, était porteur du virus de l’hépatite E, dont le réservoir n’est autre que le porc.

Avec un seul échantillon positif à l’adénovirus lors de l’étape de transformation -sur la main d’un travailleur-, il semble peu probable que les fruits rouges soient contaminés au-delà de la ferme: d’une part, ils y sont généralement traités de manière automatique (et non manuelle), d’autre part, très peu d’eau, voire pas du tout, est utilisée lors de ces étapes, expliquent les chercheurs.

 

 

[1] Les chercheurs de 8 pays sont impliqués dans cette étude: Belgique, Finlande, Irlande Pays-Bas, Pologne, République tchèque, Royaume-Uni, Serbie.

[2] Sur l’ensemble de la chaîne, les chercheurs ont découvert un paquet de framboises surgelées contaminées par le virus de l’hépatite E (au point de vente) et deux échantillons d’eau d’irrigation contenant du norovirus de génotype II -le plus fréquent chez l’homme. Ils n’ont en revanche décelé aucune trace de virus de l’hépatite A.

 

 

 

 



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