Fruits et légumes: les toxi-infections à la hausse en Europe

Le 16 janvier 2013 par Romain Loury
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Les toxi-infections d’origine végétale sont à la hausse.
Les toxi-infections d’origine végétale sont à la hausse.

Le nombre d’intoxications alimentaires liées aux denrées alimentaires d’origine végétale n’a cessé d’augmenter ces dernières années, selon un rapport publié le 8 janvier par l’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa).

Près de 4.000 cas, 2.353 hospitalisations et 53 décès: tel est le lourd bilan de l’épidémie d’Escherichia coli liée à la consommation de graines germées, qui a frappé l’Allemagne en 2011. De quoi faire prendre conscience aux autorités sanitaires européennes que les intoxications alimentaires ne sont pas seulement le fait des aliments d’origine animale.

Selon le rapport que vient de publier l’Efsa, ces toxi-infections d’origine végétale semblent même à la hausse ces dernières années en Europe. De 22 cas groupés rapportés en 2008, elles sont passées à 62 en 2011; dans le même temps, le nombre de cas groupés liés aux denrées d’origine animale a chuté, passant de 616 à 208.

Objectif de ce rapport rédigé à la demande de la Commission européenne: mesurer le poids de ce type d’intoxications, considérées jusqu’alors comme marginales. Il n’est pas négligeable: sur la période 2007-2010, elles étaient à l’origine de 8% des épisodes d’infections groupées, de 16% des personnes tombées malades, de 5% des hospitalisations et de 6% des décès.

C’est évidemment sans compter l’épidémie allemande de 2011: cette année-là, les toxi-infections d’origine végétale ont pour la première fois écrasé celles d’origine animale, aussi bien en nombre de cas (5.521 contre 3.439), d’hospitalisations (2.557 contre 564) et de décès (54 contre 24).

Sans tenir compte de cette épidémie allemande, l’Efsa observe «une tendance générale de ces épisodes à impliquer plus de cas que ceux liés à des aliments d’origine animale, mais à être moins sévères, avec une moindre proportion d’hospitalisations et de décès».

Principaux pathogènes à risque, les salmonelles. En termes de priorité de risque, c’est d’ailleurs le couple qu’elles forment avec les salades qui arrive en tête, selon le classement de l’Efsa. Viennent ensuite les couples salmonelles/légumes-tiges ou légumes-bulbes (asperges, ail, oignon, etc.), salmonelles/tomates, salmonelles/melons, suivis de plusieurs couples formés par E. coli, notamment avec les céréales.

Reste à mieux définir les facteurs de risque de contamination, qu’il s’agisse de l’origine des fruits et légumes ou des pratiques agricoles, ainsi que les méthodes pour prévenir ces épisodes. Un sujet que l’Efsa compte aborder à l’occasion d’un second rapport, prévu pour 2013.



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