Fronde au sein du Sedif

Le 18 décembre 2017 par Stéphanie Senet
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Au centre: Jean-Claude Oliva, directeur de la coordination Eau-IDF
Au centre: Jean-Claude Oliva, directeur de la coordination Eau-IDF

Trois communautés d’agglomération devraient officiellement entériner, le 19 décembre, la convention prise avec le Syndicat des eaux d’Ile-de-France (Sedif) qui leur donne deux ans de réflexion avant de se prononcer sur leur réengagement. Objectif: étudier la faisabilité de la création d’une régie publique.

 

Le scénario d’un retour en régie de l’eau à Paris va-t-il se répéter en Ile-de-France ? C’est ce qu’espèrent un nombre croissant d’élus et de citoyens défendant l’eau publique. Les établissements publics territoriaux Est Ensemble (Seine-Saint-Denis), Plaine Commune (Seine-Saint-Denis) et Grand Orly Seine Bièvre (Val-de-Marne et Essonne) devraient officiellement se donner, demain 19 décembre, un délai de réflexion de deux ans lors du vote d’une délibération. «24 villes sur 36 souhaitent se donner le temps d’envisager d’autres possibilités qu’une ré-adhésion systématique au Sedif, qui implique la délégation du service public à Veolia. Une décision qui résulte d’un débat démocratique au sein de leur population et de leur conseil municipal», note Jean-Claude Oliva, directeur de la coordination Eau-IDF.

 

Ras-le-bol des multinationales

«Une méfiance s’est installée à l’encontre des multinationales», «le groupe Veolia a été condamné plusieurs fois pour des coupures illégales mais n’a jamais été sanctionné», «l’eau ne nous appartient pas, on ne peut pas s’enrichir sur l’eau», «il faut préserver la ressource et revoir les usages agricoles et industriels», «100 ans pour un contrat c’est trop long»… Les arguments fusent, ce 19 décembre à Paris, lors de la conférence organisée par la Coordination Eau-IDF et les communes frondeuses. Objectif: poursuivre la mobilisation au cours des deux prochaines années pour mettre en place une stratégie de sortie du Sedif.

 

Etude de faisabilité à suivre

Si leur décision est effectivement adoptée demain, des études de faisabilité vont démarrer dans les 24 communes tentées par la régie publique. Avec de grosses incertitudes, pour l’instant, sur la méthode et le financement choisis. Rien n’est en effet prévu dans la convention passée avec le Sedif. Les communes frondeuses demandent d’ailleurs à être associées à leur suivi et à leur pilotage, pour éviter que le Syndicat ne garde la mainmise sur les résultats. Certaines souhaitent une réalisation interne aux communes, pour éviter le recours à un bureau d’études. D’autres réclament un financement pris en charge par le Syndicat des eaux.

 

Mouvement national

«On vient de gagner une étape mais il nous en reste deux. Il faut s’assurer que les études soient réalisées de façon indépendante et transparente et que le vote final, dans deux ans, soit motivé par des préoccupations politiques et non techniques. Notre objectif, c’est de créer une régie publique de l’eau», conclut Kader Chibane, vice-président de Plaine Commune (EELV). Le mouvement vers le retour à la régie, qui rassemble déjà une dizaine de collectivités en France au sein de l’Alliance France Eau Publique, poursuit coûte que coûte son essor.

 



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