Fret SNCF veut rester sur les rails

Le 29 avril 2020 par Victor Miget
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Fret SNCF
Fret SNCF

Malgré la crise sanitaire, Fret SNCF a su poursuivre son activité. L’essai est-il transformable dans la durée?

 

Face à la concurrence du transport routier, le fret ferroviaire est à la peine. Il ne transporte plus que 9% des marchandises contre 25% il y a 30 ans. Et a priori, la crise de la Covid-19 n’a rien arrangé. «Fret SNCF [leader du secteur avec 55 % du marché ndlr] ne fonctionne qu’à 65% de ses capacités», constate son directeur de la communication, Philippe Moritz. 

Moins de partage du rail

C’est peu. Mais paradoxalement, depuis le début du confinement, « le fret ferroviaire s’est révélé très important », acheminant des trains vitaux pour l’économie et la santé. Même constat du côté des produits de grandes consommations. S’il lui est difficile d’avancer un chiffre exact, Philippe Moritz assure que fret SNCF a gagné des parts de marché auprès de secteurs toujours actifs durant la crise.

«Comme le transport routier fait face à divers problèmes, de sécurité sanitaire entre autre [60% des camions sont à l’arrêt ndlr], les trajets sur route sont moins nombreux. Par exemple, les conducteurs font des acheminements plus courts au profit du rail et du transport combiné», nous confie Philippe Moritz. D’autant que les trains voyageurs sont quasi à l’arrêt (7 % de TGV). Tout comme les travaux. Ce qui a «permis d’éviter les conflits dans le partage du réseau, a faciliter la circulation des trains de marchandises et donc à améliorer la qualité de service», assure-t-il.

Transformer l’essai

L’enjeu de la reprise, sera de  «conserver cette dynamique. Nous allons discuter avec l’Etat et SNCF Réseau des aménagements nécessaires à réaliser afin d’éviter les conflits avec les trains de voyageurs à l’avenir». En parallèle, Fret SNCF négocie avec ses concurrents, la mise sur pied d’une action coordonnée.

Objectif: présenter un ensemble de mesures pour le maintien voir la relance du fret ferroviaire à moyen long terme. «A cette fin, nous avons créé une coalition: le Fret Ferroviaire Français du Futur. Pour l’instant nous nous réunissions en groupes de travail, mais courant mai, nous présenterons nos demandes au gouvernement».

Mi-avril, le PDG de Fret SNCF, Frédéric Delorme, avait déjà défendu un plan Marshall pour le fret ferroviaire devant le sénat. Il demandait pêle-mêle des investissements sur le réseau, de nouveaux itinéraires et un système d’incitations, pour amener les entreprises à privilégier le rail à l’asphalte.

Indispensable pour se muscler un peu. D’autant que Fret SNCF craint que le transport routier ne mette en place une concurrence agressive pour revenir dans la course. Concurrence qui se manifesterait par «des coûts de transport réduits pour faire du 100% routiers plutôt que du combinés par exemple». Et refermer au passage cette petite fenêtre qui s’est ouverte pour le fret ferroviaire.