French Paradox: le resvératrol mis hors-jeu

Le 14 mai 2014 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Le meilleur des compléments alimentaires?
Le meilleur des compléments alimentaires?
DR

Présent dans le vin rouge, le raisin et le chocolat, le resvératrol d’origine alimentaire n’a aucun effet préventif vis-à-vis des maladies cardiovasculaires ou du cancer, démontre une étude publiée dans la revue JAMA Internal Medicine.

Le resvératrol a souvent été présenté comme à l’origine du «French Paradox», ce phénomène selon lequel la France aurait une prévalence de maladies cardiovasculaires assez faible pour un pays occidental, malgré une alimentation riche en graisses. Bien que le rôle du resvératrol n’ait jamais été très étayé, le marché de ses compléments alimentaires s’élève chaque année aux Etats-Unis à 30 millions de dollars (22 M€).

Or l’étude publiée par Richard Semba, de la Johns Hopkins University School of Medicine de Baltimore, et ses collègues montre qu’il faut probablement bien plus qu’un simple polyphénol pour expliquer cet effet préventif. Menée sur 783 personnes de plus de 65 ans vivant dans la région de Chianti (Toscane) et suivies pendant 9 ans, elle montre que le taux urinaire de resvératrol n’est en rien lié au risque de cancer, de maladies cardiovasculaires ou, plus simplement, de décès.

Pas d’effet anti-inflammatoire

Alors que le resvératrol est souvent vanté pour ses capacités anti-inflammatoires -qui expliqueraient ses prétendues vertus préventives-, les chercheurs n’ont découvert aucune tendance significative quant aux marqueurs d’inflammation, qu’il s’agisse de la protéine C-réactive (CRP), des interleukines 6 et 1bêta, ou du TNF (Tumor Necrosis Factor).

«A notre connaissance, il s’agit de la première grande étude épidémiologique de type observationnel [sans intervention de type «produit contre placebo», ndlr] à examiner les relations entre d’une part le taux urinaire de resvératrol provenant de l’alimentation, d’autre part les caractéristiques de santé», commentent les chercheurs.

D’où provient donc le French Paradox? Selon Richard Semba, les bénéfices du vin, du chocolat et du raisin «doivent venir d’autres polyphénols ou substances présents dans ces produits. Ceux-ci sont d’une composition complexe: tout ce que notre étude nous apprend, c’est que ces bienfaits ne sont probablement pas dus au resvératrol». Bacchus garde donc ses mystères.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus