Fréjus: le risque a t-il été bien géré?

Le 07 juin 2005 par Christine Sévillano
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L'incendie du tunnel du Fréjus a causé la mort de deux personnes. Cela aurait pu être pire, mais déjà les critiques se font entendre.

Le drame du tunnel du Mont-Blanc ne s'est pas reproduit, pourtant un incendie dans le tunnel du Fréjus, qui relie Modane (Savoie) à la ville italienne Bardonnecchia, a pu faire craindre une catastrophe. Samedi après-midi, un camion, roulant dans le sens France-Italie et transportant des pneumatiques, a pris feu en quelques secondes. Les premières hypothèses, émises par le commandant des services départementaux d'incendie et de secours (SDIS) de la Savoie, Xavier Jouannet, penchent pour un feu d'essieu ou un feu de turbo. Le dispositif de secours semble avoir bien fonctionné, même si les secouristes italiens ont été rapidement empêchés par la fumée, poussée par les vents vers l'Italie.

Du côté français, la Société française du tunnel routier du Fréjus (SFTRF), qui avait fait quelques jours plus tôt un exercice, paraît avoir appliqué les consignes de sécurité, guidant les automobilistes vers la sortie ou demandant à certains véhicules de faire demi-tour. Un poste médical a pris en charge les personnes intoxiquées. 180 sapeurs-pompiers et une quarantaine d'engins se sont relayés pour arrêter le sinistre, alors que la température montait très vite. Il leur faudra plus de sept heures pour arriver à bout du sinistre. Ce fut une vraie course contre la montre: le feu commençait à prendre sur une citerne contenant de la résine formaldéhyde, utilisée dans la fabrication des colles et risquant d'exploser.

Le nouveau ministre chargé des transports, Dominique Perben, qui s'est rendu dimanche sur les lieux, a constaté le bon fonctionnement du plan d'intervention. Il a rappelé que le tunnel du Fréjus a bénéficié de 56 millions d'euros pour la sécurité, suite à l'accident du tunnel du Mont-Blanc, notamment dans la construction de nouveaux abris. Pourtant deux personnes ont perdu la vie dans cet incendie et déjà quelques critiques fusent: des responsables italiens ont reproché à leurs homologues français de ne pas avoir mis en service les portails thermographiques, capables de signaler une source de chaleur anormale provenant d'un camion. Mais le responsable d'exploitation du tunnel, Jean-Michel Bailly, s'est défendu en expliquant que le système, installé au mois de décembre, est encore en période de test. Selon lui, l'installation nécessite encore quelques réglages. Côté italien, on utilise déjà l'un de ces équipements. Autre critique italienne: l'absence d'une seconde galerie.

Le tunnel du Fréjus dispose d'une double équipe de secours opérationnelle 24 heures sur 24, d'un système de surveillance par télécaméra et de 11 refuges anti-incendie, résistant à la chaleur, à la fumée et pouvant recevoir 40 personnes. Le tunnel va rester fermé pendant quelques mois, le temps de refaire certaines équipements sur plusieurs kilomètres. Un problème pour une infrastructure qui recevait 80% du trafic, soit 36.000 poids-lourds par jour, avec des pointes à 5.500, ce qui renvoie, pour certains hommes politiques, à la nécessité de développer le fret ferroviaire.




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