Fraudes alimentaires: la palme revient à l’huile d’olive

Le 18 avril 2012 par Romain Loury
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L'huile, le produit le plus frelaté.
L'huile, le produit le plus frelaté.

L’huile d’olive constitue le produit alimentaire le plus frelaté, devant le lait, le miel et le safran, selon une base de données publique mise en place aux Etats-Unis à ce sujet.

Elaborée sur la base de 660 publications scientifiques et articles de presse publiés depuis 1980 en langue anglaise, cette base de données compte à ce jour 1.305 entrées pour un total de 361 ingrédients. Consultable sur internet (http://www.foodfraud.org), elle a été mise en place par l’US Pharmacopeial Convention, une organisation scientifique à but non lucratif.

Publiée dans le Journal of Food Science, son analyse révèle la première place de l’huile d’olive parmi les produits les plus frelatés (16% des entrées), devant le lait (14%), le miel (7%), le safran (5%), le jus d’orange (4%), le café (3%) et le jus de pomme (2%). Prises dans leur ensemble, les huiles arrivent largement en tête (24%).

Exemple courant de frelatage, mais sans grand danger: la substitution de l’huile d’olive par celle de noisette. Ce type d’opération peut en revanche s’avérer dangereux lorsque ce sont des huiles de noix ou d’arachide qui sont utilisées, en raison des nombreuses personnes qui y sont allergiques.

Le risque est également élevé pour les fraudes touchant au lait, tel que celui coupé à la mélamine, censée imiter les protéines. Un pseudo-enrichissement nutritionnel qui, en 2008, a rendu malades des dizaines de milliers de bébés chinois, scandale sanitaire sans précédent dans le pays.

Or les premières fraudes à la mélamine ont été rapportées à la fin des années 1970, rappellent Jeffrey Moore, de l’US Pharmacopeial Convention, et ses collègues. «Si ce type d’information avait été connu avant ces événements des années 2000, cela aurait aidé les responsables de l’évaluation des risques à mieux les anticiper», estiment les auteurs.

Autre exemple de fraude, la substitution de l’anis étoilé chinois par son cousin japonais, très toxique d’un point de vue neurologique. Ou encore l’usage de diéthylène glycol, frauduleusement utilisé comme ersatz de la glycérine dans les médicaments ou ajouté à des vins.

Selon les auteurs, qui comptent actualiser la base de données au fur et à mesure que les fraudes seront identifiées, il faudra l’ouvrir à d’autres langues que l’anglais. Notamment au chinois, la Chine faisant régulièrement l’objet de ce type d’actualité.

En Europe, l’organisation Europol, qui coordonne les polices nationales au niveau de l’UE, a lancé en 2011 une opération d’envergure contre les aliments frelatés et la contrefaçon. Dénommée Opson, elle a notamment permis la saisie de 13.000 bouteilles d’huile d’olive et 12.000 bouteilles de vin frelatées (voir le JDLE (http://www.journaldelenvironnement.net/article/europol-frappe-un-grand-coup-contre-la-contrefacon-d-aliments,26493)).

 



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