Fraude de Volkswagen: Bruxelles savait depuis 2013

Le 26 octobre 2015 par Stéphanie Senet
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Aucune suite n'a été donnée à l'alerte de l'ancien commissaire à l'environnement Janez Potocnik
Aucune suite n'a été donnée à l'alerte de l'ancien commissaire à l'environnement Janez Potocnik

Le commissaire européen à l’environnement Janez Potocnik a averti ses collègues, dès 2013, que le fabricant allemand Volkswagen truquait les moteurs diesel pour déjouer les contrôles anti-pollution, a révélé le 25 octobre le Financial Times. Pourtant, Bruxelles n’a rien fait pour mettre fin à ces agissements frauduleux.

 

A l’appui de ses allégations, le quotidien économique britannique cite un échange de lettres de février 2013 entre des responsables de la Commission européenne, et notamment entre le commissaire en charge de l’environnement Janez Potocnik et son homologue chargé de la politique industrielle Antonio Tajani.

«Beaucoup de personnes se préoccupent du fait que la performance des moteurs a été ajustée pour se conformer aux tests, au mépris d’une hausse dramatique des émissions [d’oxydes d’azote, ndlr]», écrit Janez Potocnik. Celui-ci exhorte ensuite Antonio Tajani à proposer de nouvelles mesures pour contrer les pratiques des fabricants. Le commissaire à l’action industrielle lui répond en mars 2013 que l’introduction des tests en conditions réelles ne doit pas être reportée au-delà de 2017, comme le demandent les fabricants. Aucune suite n’est donnée pour autant. «A l’époque, il y avait un consensus à la Commission selon lequel la priorité était de lutter contre la crise et de ne pas créer de nouveaux problèmes», explique Ida Auken, eurodéputée danoise (parti populaire socialiste).

 

Deux ans plus tard

Il a donc fallu attendre deux ans avant que l’agence américaine de l’environnement (EPA) ne prouve, le 18 septembre, la fraude de Volkswagen aux Etats-Unis, et que le fabricant avoue, le 22 septembre, avoir équipé ses véhicules diesel d’un logiciel de trucage dans le monde entier.

Non seulement la Commission européenne n’a pris aucune mesure pour mettre fin au scandale, mais elle avait même entamé des négociations avec les fabricants automobiles européens pour reporter l’entrée en vigueur des tests d’émission en conditions réelles, initialement fixée en septembre 2017.



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