Françoise Coutant: «Passer de la sensibilisation à l’action»

Le 22 juin 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Françoise Coutant est vice-présidente (EELV) de la Région Nouvelle-Aquitaine.
Françoise Coutant est vice-présidente (EELV) de la Région Nouvelle-Aquitaine.
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Vice-présidente du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine en charge du climat, Françoise Coutant entend faire du rapport d’Acclimaterra un outil de transition écologique. A commencer par l’agriculture.

 

Le rapport sur les conséquences du réchauffement en Nouvelle-Atlantique finira-t-il au fond d’un tiroir? Peu probable. Après l’avoir officiellement présenté le 1er juin à La Rochelle aux représentants des corps constitués, les scientifiques d’Acclimaterra vont poursuivre leur travail de sensibilisation des Aquitains. Cet été, les auteurs seront les guest starts d’événements organisés dans chaque université de la région. L’étude sera aussi à bord du Train du climat, lors de sa tournée régionale à la fin de l’année. Maîtres d’ouvrage, les politiques de la région ne resteront pas les bras croisés.

Modeste diffusion

«Le conseil régional diffusera largement le document dans les collectivités locales, les lycées», confirme Françoise Coutant. Ce n’est pas tout. «Nous entendons surtout nous servir des données collectées pour sensibiliser les acteurs et faire évoluer les politiques publiques. On ne peut plus gérer les choses comme avant», souligne la vice-présidente du conseil régional en charge du climat.

Quelle eau pour demain?

La première des politiques à faire les frais de l’étude d’Acclimaterra sera probablement la stratégie régionale de l’eau. Première région agricole d’Europe, la Nouvelle Aquitaine consomme 1,5 milliard de mètres cubes d’eau douce par an (hors prélèvement de la centrale nucléaire du Blayais). Sur ce total, 46% sont destinées à l’irrigation, laquelle puise majoritairement son or bleu dans les nappes phréatiques.

L'agriculture aquitaine en chiffres. Les surfaces agricoles (42.000 km2) représentent la moitié du territoire régional. La Nouvelle Aquitaine produit le tiers du maïs français, 29% du vin made in France, 12% des volailles et 24% de la viande tricolore. Le chiffre d'affaires du secteur est supérieur à 11 Md€/an.

Plus rapides que prévu, les effets du réchauffement ne cesseront de se faire sentir sur la ressource hydrique. D’autant, rappelle le rapport coordonné par le climatologue Hervé Le Treut, que «si le changement climatique s’impose comme un important facteur de risque pour la disponibilité en eau, il vient se surajouter aux impacts anthropiques et aux problèmes de gouvernance de l’eau que traverse la gestion de l’eau depuis plusieurs décennies».

Pas d'eau pour tous

Traduction: si l’on ne fait rien, il n’y aura rapidement plus d’eau pour tout le monde. «Il va falloir faire évoluer les professions agricoles», reconnaît Françoise Coutant. Même si leur issue reste incertaine, les débats sont déjà vifs entre l’exécutif régional et les agriculteurs. La discussion devrait être tendue le 26 juin, lors du vote en séance plénière de la stratégie régionale de l'eau et sa déclinaison en politique régionale de l'eau.

«La prise de conscience est pourtant bien là, veut croire l’élue d’Angoulême, mais c’est l’action qui reste compliquée à mener». Le rapport d’Acclimaterra propose 4 grands scénarios de sortie de crise: construire de nouvelles réserves, faire payer à chaque usager le prix véritable de ses prélèvements, mettre en place un système de quotas sectoriels par sous-bassins hydrographiques, diminuer les consommations quel que soit l’usage. La priorité pour Françoise Coutant «sera de faire avancer les choses, avec les professionnels, sans stigmatiser personne. Car après tout, ils ne sont pas les seuls responsables de la situation dans laquelle ils se trouvent.»



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