François Hollande, saison 2

Le 20 septembre 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Une déclaration centrée sur la transition énergétique
Une déclaration centrée sur la transition énergétique

C’est par un long discours que le président de la République a ouvert, ce matin, la seconde Conférence environnementale. L’occasion de replacer la transition énergétique au cœur des débats.

Ce matin 20 septembre, le cœur vert de la France battait au sein du Conseil économique, social et environnemental (Cese). L’auguste hémicycle de béton était empli d’une foule de politiques, d’associatifs, d’entrepreneurs et de syndicalistes, conviés à cette nouvelle session de la Conférence environnementale.

Comme l’an passé, cette première journée a débuté par un long discours du président de la République. L’occasion pour François Hollande de réaffirmer certains buts de sa politique. L’occasion aussi de rassurer les partenaires verts de sa majorité. L’occasion, encore, de faire quelques annonces. Et enfin, de faire du neuf avec du vieux.

 

La solution

Œuvre centrale du quinquennat, la transition énergétique n’est «pas un choix de circonstances […], ce n’est pas un problème, c’est la solution». Solution au changement climatique qui, «si nous n’agissons pas», nous mènera «avant la fin du siècle à un réchauffement climatique supérieur à 3°C, voire 4°C, avec les dérèglements en chaine qui s’en suivront». Solution à une facture énergétique dont le montant est appelé à progresser d’année en année; diminuant par voie de conséquence la compétitivité de nos entreprises. Elle est aussi un outil de lutte contre la précarité énergétique. Formules connues.

 

Des premières et du recyclage

Le fameux outil s’esquisse plus qu’il ne se dessine. Sur sa palette, François Hollande place quelques objectifs à long terme, comme la réduction de moitié de la consommation d’énergie finale à l’horizon 2050 (une première!); la diminution de 30% de la consommation d’énergies fossiles d’ici 2030; le sempiternel lancement d’un programme de réhabilitation de l’habitat ancien (avec toujours un objectif de 500.000 logements par an à l’horizon 2017); l’équipement des 35 millions de foyers de compteurs d’électricité et de gaz communicants (une demande européenne de longue date); la limitation de l’étalement urbain (l’un des objectifs du projet de loi Alur actuellement défendu par la ministre Cécile Duflot); le relance du fret ferroviaire (vieille antienne); la seconde nouvelle relance en une semaine du véhicule décarboné et des agrocarburants des deuxième et troisième générations. Sans oublier le développement… des énergies renouvelables. Objectif présidentiel: elles «doivent représenter plus du quart de la consommation d’énergie à l’horizon 2020». Ce qui est précisément ce qu’impose à la France le paquet Energie-climat de 2008.

 

Rendez-vous fin 2014

Concrètement, les rouages de cette transition devraient être forgés lors du vote de la «loi de programme sur la transition énergétique» qui n’est pas attendu avant la fin de l’année… 2014. Ce texte, a indiqué le président de la République, «posera le principe d’un plafonnement à son niveau actuel de notre capacité de production nucléaire». «Ce qui est une vraie nouveauté», estime Bernard Laponche, expert en politiques publiques d’énergie. Pour y parvenir, l’Etat entend devenir «le garant de la mise en œuvre de la stratégie énergétique de notre pays». En clair, il pourrait, aux côtés de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), imposer à EDF la fermeture de centrales nucléaires. «Les 40 ans de durée de vie des réacteurs ne seront pas systématiques», résume-t-on dans l’entourage du président. La future loi Martin devrait aussi rénover les modes de financement des énergies renouvelables électriques; sujet sur lequel planchent déjà Bercy, la Direction générale de l’énergie et du climat ainsi que les professionnels.

Sujet très attendu: la taxe carbone. Comme déjà annoncé par le ministre de l’écologie, son faire-part de naissance sera inclus dans le projet de loi de finances 2014. Sans qu’aucun rendement n’ait été annoncé, elle frappera les carburants et combustibles, en fonction de leur contenu carbone. Si la montée en charge sera (très?) progressive, ses recettes «contribueront à financer la transition énergétique» et seront «compensées par des baisses de prélèvement». Si le Parlement et le Conseil constitutionnel le veulent bien.



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