François de Rugy succède à Nicolas Hulot

Le 04 septembre 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Désormais, l'écologie, c'est De Rugy.
Désormais, l'écologie, c'est De Rugy.

Le président de l’Assemblée nationale a été nommé, ce mardi 4 septembre, ministre de la transition écologique et solidaire. Le traitement rapide de dossiers épineux permettra d’apprécier la place que l’écologie occupera dans ce gouvernement Philippe III.


Rétrogradation volontaire pour François de Rugy. Ce mardi 4 septembre, le 4e personnage de l’Etat a accepté de succéder à Nicolas Hulot, devenant ministre, d’Etat certes, mais ministre tout de même, chargé de la transition écologique et solidaire. Ni plus ni moins que son prédécesseur.
Des parents fans de René Dumont
Personnalité relativement peu connue, François de Goullet de Rugy n’est pas un novice en écologie. Son premier engagement remonte à ses 18 ans. En 1991, donc, ce fils de partisans de René Dumont  adhère à Génération Ecologie. Dirigé par Brice Lalonde et Jean-Louis Borloo, ce petit parti écologiste, dont la floraison a été favorisée par François Mitterrand pour contrer l’émergence des Verts, n’ira jamais bien loin.

L’étudiant en sciences politiques (à Sciences Po Paris) le quitte d’ailleurs, en 1994, pour fonder sa propre formation, Ecologie 44. De quoi se faire remarquer par les politiques de Nantes, ville dont il est originaire.
Pilote de tram
La vie politique lui manque d’ailleurs. Il prend sa carte chez les Verts en 1997, tout en dirigeant sa structure. Remarqué par l’équipe d’Alain Chénard, alors maire de Nantes, François de Rugy obtient en 2001 un beau strapontin: adjoint chargé des transports. Il pilotera la construction de la première ligne de tramway de la 6e ville de France.

Mobilisation. Très ému lors de la passation de pouvoir à François de Rugy, Nicolas Hulot a dressé un court bilan de son action. Regrettant de n’avoir pas su convaincre, l’ancien ministre a estimé que sa démission était « le signal d’une nouvelle mobilisation. » Sans annoncer son retrait de la vie publique ou politique, l’ex-animateur au « cœur libre et à la conscience tranquille» a proposé un programme à son successeur : « soyez disruptif, soyez inventif, soyez créatif. »

Régulièrement, c’est le TGV qui le mène à Paris pour assurer d’autres fonctions: secrétaire général adjoint du Groupe radical, citoyen et vert (RCV), ce groupe de la majorité plurielle dans lequel siège un certain Noël Mamère, qui sera l’année suivante le candidat écolo à réaliser le meilleur score aux élections présidentielles .
Député de Nantes
En 2007, sa proximité avec le nouveau maire de Nantes, Jean-Louis Ayrault, lui vaut d’obtenir une circonscription nantaise gagnable aux législatives de 2007. Malgré le refus de son parti de concourir en tandem avec le PS, François de Rugy accepte l’offre qui lui est faite (comme Yves Cochet, Martine Billard, André Aschieri et Noël Mamère). Pari gagné: à 34 ans, il est élu député de la première circonscription de Loire-Atlantique. Il ferraillera fréquemment sur l’éolien avec la majorité sarkozyste lors du vote des lois Grenelle. Estimant que le Grenelle est un «rendez-vous manqué», il appelle à une réforme de la gestion des déchets.
Co-président de groupe
Confortablement réélu en 2012, il innove. En co-présidant, avec Barbara Pompili, le groupe écologiste de l’Assemblée nationale. La mer grossit à partir de 2015. Opposé à la ligne anti gouvernementale et «gauchiste» imprimée par la patronne des Verts, Cécile Duflot, François de Rugy quitte le parti pour fonder avec Jean-Vincent Placé un nouveau groupuscule: Ecologistes! Cela ne ralentit pas son travail parlementaire. Il est notamment l’auteur d’une proposition de loi prévoyant le déclenchement automatique de mesures lors d’un pic de pollution. Une idée qui a fait, depuis, son chemin. Opposant au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, il se montre favorable au référendum local lancé par le gouvernement. Ce qui vaut à sa permanence d’être fréquemment la cible des ‘zadistes’.
Candidat à gauche…
Nommé vice-président de l’Assemblée nationale à la suite de la démission de Denis Baupin, en mai 2016, François de Rugy rejoint aussi le parti socialiste. Provoquant la dissolution du groupe écologiste. Ce virage à gauche lui donne l’occasion de sortir de l’univers feutré du Palais Bourbon. Président d’Ecologistes!, il se présente à la primaire des gauches qui doit désigner le candidat progressiste aux élections présidentielles. Résolument écologiste, son programme prévoit notamment l’arrêt des centrales nucléaires après 40 ans de fonctionnement et la sortie du nucléaire vers 2040. Mystérieusement, ses 66 propositions ont été effacées du site Derugy2017.org
… rallié à Emmanuel Macron
Très critique à l’égard d’Emmanuel Macron («le problème d’Emmanuel Macron, c’est qu’il ne parle pas d’écologie»), François de Rugy ne fait pas un carton à gauche. Moins de 4% des votants lui accordent sa confiance. Manquant à sa promesse de voter pour Benoît Hamon (vainqueur de la primaire), il rejoint le camp d’Emmanuel Macron. A peine réélu député, en juin 2017, il se porte candidat à la présidence de l’Assemblée. Poste qu’il décroche dans la foulée. A ce poste prestigieux, il engage quelques réformes, dont celle du contrôle parlementaire de l’application des lois.

Réaction. Aussi guindé que Nicolas Hulot était ému, François de Rugy n’a pas semblé avoir entendu les conseils professés par son prédécesseur. Estimant que l’écologie était une « opportunité », l’ancien président de l’Assemblée, a indiqué ses urgences : PPE, LOM, santé environnementale. Pour faire avancer ses dossiers, le nouveau miniistre d’Etat entend s’appuyer sur les aspirations des Français, les associations, mais aussi sur la majorité présidentielle. Et entend faire de son ministère celui de «l’écologie qui agit».

Après une année passée sur le ‘perchoir’, sa nomination au ministère de la transition écologique et solidaire est-elle une bonne ou une mauvaise nouvelle pour l’environnement?
Le troisième choix
Ni sa personnalité, ni son engagement écologiste ne sont en cause. On peut toutefois noter que François de Rugy n’était pas le premier choix du président de la République. Après la «fausse bonne idée» de la propulsion de Daniel Cohn-Bendit au ministère, c’était au tour de Pascal Canfin de jeter l’éponge, ce matin. Pour expliquer son refus, le directeur général de la branche française du WWF semble indiquer que l’exécutif n’a pas forcément tiré les leçons de la démission de Nicolas Hulot.
Le rendez-vous PPE
Ce qui n’est pas de très bon augure. Quoi qu’il en soit, le nouveau numéro 3 du gouvernement aura rapidement l’occasion de faire ses preuves. Après avoir rappelé, il y a quelques mois, que «ce n’est pas EDF qui fait la politique nucléaire», le locataire de l’Hôtel de Roquelaure doit faire adopter, avant la fin de l’année, la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), dont le nucléaire constitue l’un des chapitres les plus importants.

Dans la foulée, il devra aussi participer à la nomination du prochain président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). L’actuel titulaire, Pierre-Franck Chevet, ayant donné bien des sueurs froides aux responsables du parc atomique d’EDF. Autre rendez-vous: les discussions autour du projet de loi de finances. Selon toute vraisemblance, le budget de son ministère devrait très légèrement progresser. Ce qui n’exclut pas quelques dégraissages.
Mauvais climat
Au même moment, il faudra défendre le projet de loi Mobilités et présenter un plan Vélo crédible. Crédibilité, toujours, le Nantais devra apprendre la cohabitation (qui s’annonce au moins aussi rude qu’avec Cécile Duflot) avec Stéphane Travert, le très peu écolo ministre de l’agriculture. Alors que se poursuit un nouveau round de négociations climatiques, le titulaire du ministère de l’impossible devra trouver les moyens que la France tienne son propre budget carbone. Aux dernières nouvelles, nous émettrons plus de CO2 que prévu, jusqu’en 2023, au moins.



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