François de Rugy passe le témoin

Le 17 juillet 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Le bilan de François de Rugy ne devrait pas rester dans les annales.
Le bilan de François de Rugy ne devrait pas rester dans les annales.
VLDT

Un jour après sa démission surprise, le ministre de la transition écologique et solidaire a laissé les clés de l’hôtel de Roquelaure à sa successeur Elisabeth Borne, qui conserve le trousseau du ministère des transports.

 

C’est une habitude. Tous les 10 mois ou presque, la cour de l’hôtel de Roquelaure se vide de ses plantes en pot pour laisser place aux journalistes et personnels du ministère de la transition écologique et solidaire. La cour pavée devient le lieu d’expiation d’un ministre terrassé par le suffrage universel, les lobbys ou la polémique.

Ce mercredi 17 juillet, c’était au tour de François de Rugy d’y faire son discours d’adieu. Sous un soleil de plomb, le désormais ex-ministre d’Etat a passé le témoin de la transition écologique et solidaire, «l’objectif qui doit être celui de toute société.»

Entouré de sa femme, des secrétaires d’Etat (Brune Poirson et Emmanuelle Wargon) et de la ministre des transports, Elisabeth Borne appelée à lui succéder, François de Rugy s’est risqué à dresser un bilan de ses 10 mois d’exercice: fermeture en 2022 des dernières centrales au charbon, mise à l’arrêt en 2020 de la centrale nucléaire de Fessenheim, inscription dans la loi de la neutralité carbone, des moyens inédits donnés aux citoyens pour isoler leur logement ou s’équiper d’un véhicule moins polluant. Sans oublier la création de l’assemblée citoyenne qui évaluer les «meilleures» solutions pour faire progresser ladite transition.

petit bilan

Bilan court et contestable. La fermeture de Fessenheim peut être créditée au bilan de l’ancien secrétaire d’Etat Sébastien Lecornu. La fin des centrales au charbon et la neutralité carbone doivent être actées par le parlement (via le projet de loi énergie-climat). Le rythme de rénovation des logements est 5 à 6 fois inférieur à celui nécessaire pour atteindre l’objectif gouvernemental des 700.000 rénovations lourdes par an. L’assemblée citoyenne doit débuter ses travaux en septembre prochain. Et rendre ses conclusions six mois après. Si les deux co-présidents finissent par s’entendre.

Contradiction. Dans son dernier discours de politique générale, le premier ministre avait placé les problématiques environnementales en tête de son agenda. Avec l’arrivée d’Elisabeth Borne, le ministère de la transition écologique et solidaire perd son rang de ministre d’Etat. Il n’est plus qu’un ministère comme les autres. Un mauvais signe.

Ancien numéro 2 du gouvernement, François de Rugy n’a pas masqué les difficultés de «l’écologie en action» à sa successeur. «Ici, la bataille des moyens est une bataille de tous les instants.» L’ancien président de l’assemblée nationale a aussi fustigé les «forces de l’inertie» qui paralysent, notamment, «les services de l’Etat».

Saluant la compétence, le sens de l’Etat et la capacité à ferrailler contre les forces de l’inertie d’Elisabeth Borne, le ministre démissionnaire a souligné que son acte faisait passer l’intérêt collectif avant son intérêt personnel.

une ministre pressée

«Honorée de succéder à François de Rugy et à Nicolas Hulot», la troisième ministre de la transition écologique et solidaire s’est réjouie de se trouver dans une maison «bien connue». Elisabeth Borne a, deux années durant, dirigé le cabinet de la ministre Ségolène Royal, avant de prendre la tête du ministère chargé des transports, dans les gouvernements d’Edouard Philippe.

Pressée, l’ancienne préfète a rapidement indiqué ses priorités: poursuivre une transition écologique qui profite autant à l’environnement et au climat qu’aux citoyens. Quelques minutes après sa prise de parole, la ministre filait au sénat défendre le projet de loi énergie-climat «qui apportera des réponses concrètes et des moyens pour les citoyens.» L’esprit des gilets jaunes plane toujours sur l’hôtel de Roquelaure.



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus