François de Rugy donne le la aux chasses ‘tradi’

Le 27 septembre 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Plus de 100.000 alouettes seront plumées, cette année.
Plus de 100.000 alouettes seront plumées, cette année.
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Le ministère de la transition écologique autorise de nouveau les chasseurs du Sud-Ouest, du Sud-Est et des Ardennes à chasser des oiseaux selon des techniques anciennes, parfois condamnées par le droit communautaire. Près de 150.000 oiseaux seront ainsi sacrifiés.


L’image d’un gouvernement pro-chasse n’est pas prête de s’effacer dans l’imaginaire collectif. Quelques semaines après la dramatique rencontre à l’Elysée entre Emmanuel Macron, Nicolas Hulot et les représentants de la fédération nationale de la chasse, le Journal officiel publie, ce jeudi 27 septembre, une batterie d’arrêtés ministériels portant sur certaines chasses traditionnelles aux petits oiseaux.

106.500 oiseaux

Pas moins de 4 textes réglementent pour cette saison la capture de l’alouette des champs (Alauda arvensis) dans les départements de la Gironde, des Landes, du Lot-et-Garonne et des Pyrénées-Atlantiques.

Les chasseurs du Sud-Ouest vont pouvoir installer pantes et matoles pour tuer très exactement 106.500 oiseaux. Un chiffre impressionnant mais qui ne représente que le tiers des quotas alloués ces dernières années. La chasse à la pante consiste à encager un oiseau (ou à lui laisser un fil à la patte) qui va servir d’appelant à ses congénères. A proximité, les chasseurs tendent sur le sol des filets à ressorts qui se rabattent sur les oiseaux volant à proximité de la cage. La matole n’utilise pas d’appelant mais des appâts.

Toujours sportif, le chasseur dépose quelques grains de maïs pour attirer les oiseaux qui, en picorant, font tomber sur eux un piège posé en équilibre au dessus des graines. Ces deux techniques sont particulièrement prisées des amateurs d’ortolans, espèce dont la chasse est interdite en Europe depuis 1979.

la glu colle tout

Dans le Sud-Est, les chasseurs préfèrent une autre technique traditionnelle: le gluau. Il s’agit, cette fois, de badigeonner de la glu (ou de poser des pièges collants) sur des branches pour capturer les oiseaux. Caractéristique de ce piégeage: il n’est pas sélectif. A la place, des grives (Turdus philomelos), merles noirs (Turdus merula), on attrape souvent d’autres volatils: mésanges, rouges-gorges, accenteurs, voire de petits reptiles.

Une nouvelle fois, la France autorisera les premiers protecteurs de la nature des Alpes-de-Haute-Provence, Alpes-Maritimes, des Bouches-du-Rhône, du Var et du Vaucluse à utiliser cette technique prohibée par la directive Oiseaux. Qu’on se rassure, ces arrêtés ne visent pas à l’extermination desdites espèces mais juste à la capture de 42.000 appelants. Soulagement.

tous mécontents

Pour finir ce tour de France de la biodiversité, les Nemrod ardennais pourront prendre au filet 200 vanneaux huppés (Vanellus vanellus) et 10 pluviers dorés (Pluvialis apricaria). On appelle cette chasse la tenderie aux vanneaux. Les oiseaux pris dans les filets sont achevés par un coup de pince qui leur broie le cou.

Très attendus après la consultation de cet été, ces textes mécontent chasseurs et environnementalistes. Les premiers, qui devraient être reçus par le ministère dans le courant de la semaine prochaine, ne digèrent pas la baisse des quotas. Pour les défenseurs des oiseaux, c'est aussi «un premier acte contre nature de la part du nouveau ministre François de Rugy», alors que les études alertent contre l'effondrement des oiseaux des campagnes.



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