France-Italie : la dure vie des OGM

Le 24 août 2010 par Célia Fontaine
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

La polémique suit son cours après la destruction, le 15 août dernier, de l'essai des vignes transgéniques à Colmar (dans le JDLE). La ministre de la recherche Valérie Pécresse et le ministre de l'agriculture Bruno Le Maire se déplacent aujourd’hui à Colmar. La Confédération paysanne, syndicat agricole opposé à la culture des OGM, dénonce la position du gouvernement qui « démontre à nouveau que le développement des OGM en France est pour lui un objectif politique et non une question scientifique pour résoudre le problème du court-noué, maladie de la vigne ».

Dans un communiqué du 23 août, le Haut comité des biotechnologies (HCB) déplore l’interruption de l’expérimentation, et rappelle l’avis positif qu’il avait donné pour la reprise de ces essais en plein champ. Le Comité économique éthique et social (CEES) du HCB, qui siège aux côtés du comité scientifique, avait « pris acte des dispositifs mis en place pour assurer au mieux la sécurité et la surveillance de l’expérimentation », et noté que cette dernière « devrait effectivement permettre d’acquérir des connaissances agronomiques et écologiques nouvelles ». Toutefois, certains membres du CEES avaient estimé qu’une partie de ces connaissances pourrait être acquise « sans recours à un essai avec plante transgénique ». Le HCB condamne l’interruption de cet essai car cela « retarde pour plusieurs années l’obtention de réponses à ces questions importantes relatives à l’analyse scientifique de risque ».

Pour France Nature Environnement, le Haut conseil aurait pris position sans consulter certains membres du CEES et à l’encontre de l’avis du vice-président de ce comité, Frédéric Jacquemart. « En agissant ainsi, le HCB sort de ses prérogatives de conseil et d'expertise scientifique en matière d'OGM auprès du gouvernement », précise la fédération dans un communiqué du 23 août.

En Italie, les faucheurs d’OGM ont également eu l’occasion d’être actifs au mois d’août. Giorgio Fidenato, agronome, avait planté en toute illégalité en avril dernier à Vivaro dans le Frioul des semences de maïs MON810 dans deux champs. Les agriculteurs italiens doivent obtenir l’autorisation du ministère de l’agriculture pour planter ces semences OGM, ce qui a toujours été refusé jusqu’à présent. « Ces semences sont autorisées en Europe. Pour pouvoir les utiliser, nous n’avons pas d’autre moyen que la désobéissance civile », se justifie Giorgio Fidenato. L’ancien ministre italien de l'agriculture, Luca Zaïa, avait pourtant annoncé le 19 mars dernier la signature d'un décret interdisant la culture de ce maïs OGM sur le territoire italien[1], au nom du principe de précaution.

L’association Greenpeace a repéré les champs transgéniques en question (l’agronome avait publié des vidéos de ses plantations sur internet) et le 9 août dernier des activistes environnementaux ont fauché le tout avant que la police n’intervienne.



[1] Pour rappel, seules deux variétés d’OGM sont autorisées à la culture dans l’Union européenne, le MON810 en question ainsi que la pomme de terre Amflora. Certains pays, comme l’Allemagne, l’Autriche et la France, refusent toutefois ces semences sur leur territoire et ont activé la clause de sauvegarde.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus