Fragilisé, l’accord de Paris reste plébiscité

Le 28 février 2019 par Romain Loury
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L'accord de Paris, signé le 12 décembre 2015 à la COP21
L'accord de Paris, signé le 12 décembre 2015 à la COP21

Le soutien de l’opinion publique à l’accord de Paris, censé stabiliser le réchauffement sous la barre des 2°C, demeure solide. Y compris lorsque d’autres pays faillent à leurs obligations d’atténuation, révèle une étude publiée dans Nature Climate Change et menée sur des citoyens chinois et américains.

Unanimement salué lors de sa signature le 12 décembre 2015, l’accord de Paris semble depuis menacé sur tous les fronts. Outre l’échec de nombreux Etats à réduire leurs émissions, ce qui entraîne la planète vers un réchauffement qui pourrait atteindre +4°C d’ici à la fin du siècle, il y eut, en juin 2017, l’annonce d’un retrait américain par Donald Trump, ainsi que la montée en puissance de politiques, tels Jair Bolsonaro au Brésil, peu désireux de tenir les engagements de leurs prédécesseurs.

Une non-coopération sans impact majeur sur l’opinion publique

Cette non-coopération de pays importants pourrait démobiliser, craignent Liam Beiser-McGrath et Thomas Bernauer, de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (Suisse). Or leur étude, menée par interrogatoire de 3.000 Chinois et 3.007 Américains, révèle au contraire des tendances très rassurantes. Non seulement le soutien à l’accord de Paris demeure globalement élevé au sein des, populations des deux grandes puissances, surtout, il s’avère remarquablement insensible aux efforts de l’autre pays.

A quelques nuances près, les résultats sont identiques sur les deux rives du Pacifique, où le soutien à l’accord de Paris oscille entre 75% et 90%. Lorsque les personnes interrogées sont informées de la consommation de charbon par l’autre pays, leur soutien fléchit certes, mais de manière assez légère, au maximum de 12%.

Les Américains résolus à plus d’efforts financiers

Chez les répondants américains, savoir que d’autres pays consomment davantage de charbon incite à être moins sensibles au coût de la mise en œuvre de l’accord de Paris. «L’inaction d’autres pays semble conduire les Américains interrogés à être plus désireux de payer pour l’action climatique», constatent les chercheurs. Aux Etats-Unis comme en Chine, les sondés exigent des accords plus contraignants lorsque d’autres pays sortent des clous.

«Le soutien public aux engagements, actuels et futurs, que les pays ont exprimé dans le cadre de l’accord de Paris n’est pas vulnérable aux échecs et aux désengagements d’autres pays, par exemple celui des Etats-Unis, même si les citoyens prêtent attention à l’action des autres pays et préfèrent qu’ils contribuent à ces efforts. Ce soutien semble même stable lorsqu’ils sont informés de la non-coopération d’autres pays», constatent les chercheurs.

«La bonne chose à faire»

Selon eux, «ces résultats suggèrent l’existence d’une nouvelle valeur mondiale, à laquelle le Giec[i], la société civile et bien d’autres acteurs ont contribué: l’atténuation du changement climatique est la ‘bonne chose à faire’, même si d’autres pays ne respectent pas leurs engagements». Un constat qui prend tout son sens, alors que l’opinion publique mondiale se lève en masse pour une action climatique plus déterminée.



[i] Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat

 



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