Forte progression des émissions atmosphériques des navires britanniques

Le 08 février 2018 par Stéphanie Senet
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Les émissions de polluants s'avèrent 2,5 fois plus élevées que prévu
Les émissions de polluants s'avèrent 2,5 fois plus élevées que prévu

Le ministère britannique de l’environnement (Defra) a revu à la hausse l’estimation des émissions de polluants atmosphériques des navires britanniques. Son rapport trace leur évolution depuis 1990 et ajoute des éléments de prospective aux horizons 2020, 2025 et 2035.

 

Pour établir ce nouvel inventaire, le ministère britannique a utilisé une nouvelle méthode d’évaluation, basée en partie sur la consommation de carburants (fuel lourd et diesel) et sur les routes tracées par le système d’identification automatique (AIS). Ce qui l’a conduit à revoir à la hausse les émissions -calculées en 2015- de dioxyde de carbone (CO2), dioxyde de soufre (SO2), oxydes d’azote (NOx), particules PM 2,5 et 10, composés organiques volatils non méthaniques (COVNM), protoxyde d’azote et méthane. Avec la nouvelle méthode de calcul, les émissions sont deux fois et demie plus élevées que précédemment.

 

Emissions de GES en baisse de 40%

Premier résultat: les navires[1] ont rejeté en 2015 l’équivalent de 0,5% des émissions de gaz à effet de serre britanniques. Bonne nouvelle: cela représente une baisse de 40% par rapport à 1990, principalement due au déclin de l’exploitation du pétrole et du gaz en mer du Nord et par effet de ricochet à une consommation réduite de carburant par les navires hauturiers. Les navires de pêche ont pour leur part réduit d’un quart leurs émissions de GES.

En revanche, les émissions totales de GES du secteur devraient rester stables d’ici 2035.

 

Oxydes d’azote et particules

Cargos, chalutiers et vraquiers britanniques ont aussi émis 4,5% des émissions nationales de NOx et 2,1% des particules PM 2,5.

Du côté des NOx, une baisse de 40% a été enregistrée entre 1990 et 2015 selon la nouvelle méthode d’évaluation. Une réduction supplémentaire de 9% devrait s’y ajouter de 2015 à 2020 grâce au renouvellement de la flotte et à l’extension des zones d’émission contrôlée en mer du Nord. Puis il faut s’attendre à une baisse annuelle de 4% par an entre 2021 et 2035 selon les prévisions du ministère.

Du côté des PM 2,5, la baisse marquée enclenchée depuis 2005 devrait se poursuivre jusqu’en 2020. Les émissions devraient ensuite se stabiliser jusqu’en 2035.

 

SO2 et COV

Le transport maritime britannique est aussi responsable de 0,6% des émissions nationales de SO2 et de 0,9% des émissions de COVNM.

Les émissions de SO2 affichent une tendance à la baisse depuis 1990 avec toutefois des pics en 1995 et 2002. Une baisse régulière s’est enclenchée en 2005 et devrait se poursuivre jusqu’en 2020 puis rester stable jusqu’en 2035. L’Organisation maritime internationale (OMI) a limité à 0,5% la part de soufre dans les carburants en 2020 contre 3,5% aujourd’hui. Si les émissions de COVNM ont progressé de 1990 à 2014, elles ont entamé leur déclin et devraient se maintenir au même niveau, de 2020 à 2035.

Selon une étude publiée le 6 février dans la revue Nature, l’utilisation de carburants moins soufrés permettrait de réduire d’un tiers la mortalité annuelle liée à la pollution atmosphérique dans le monde d’ici à 2020. Les émissions du transport maritime génèrent aujourd’hui 400.000 morts prématurées par an.

 



[1] Il s’agit des déplacements de tous les navires, pêche comprise, mais voies de navigation intérieures exclues.

 



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