Forte hausse des tarifs régulés d’électricité

Le 09 juillet 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Il va falloir éteindre les lumières des pièces inoccupées.
Il va falloir éteindre les lumières des pièces inoccupées.

Le premier acte du nouveau ministre de l’écologie ne sera pas des plus appréciés par les consommateurs.

Lundi soir, par voie de communiqué, Philippe Martin a annoncé une forte hausse des tarifs régulés de vente d’électricité. Pour les ménages, le coût du kWh devrait progresser de 5% en août prochain et, à nouveau, de 5% un an plus tard. En contrepartie, le prix des abonnements pour les puissances de 3 kVA et 6 kVA est revu à la baisse.

Se basant sur un rapport de la CRE, publié en juin dernier, l’hôtel de Roquelaure rappelle que «pour les ménages, les tarifs ne couvraient pas les coûts à hauteur de 7,4 %.» Pour les couvrir, la CRE recommandait de remonter les prix de 6,8 % et 9,6 %, rien qu’en 2013, «en fonction de la durée retenue pour l’amortissement des centrales nucléaires». «Cette hausse, destinée à couvrir les coûts d’EDF, s’explique notamment par une augmentation des coûts commerciaux qui avaient été sous évalués depuis plusieurs années par le gouvernement précédent, par une augmentation des coûts de production en particulier en période de pointe et par une relance des investissements dans le parc de production afin notamment de renforcer la sûreté des centrales et les réseaux», justifie le ministère de l’écologie.

La réplique n'a pas tardé. Par un communiqué, l'UFC-Que Choisir dit regretter «amèrement l'annonce à la hussarde, hier en fin de soirée», d'une hausse de 5% des tarifs de l'électricité cette année et en 2014 «qui répond à la seule demande de l'opérateur et ne contient à ce stade aucune des mesures réclamées de longue date par les consommateurs.»

La CLCV estime pour sa part qu'«une telle hausse aurait un impact trop important sur le pouvoir d'achat des consommateurs et le reste à vivre des ménages aux revenus les plus modestes». Les deux associations consumméristes ont en outre très fortement critiqué la méthode de calcul de ces hausses «trop dépendantes des données d'EDF».

Pascal Durand, secrétaire national d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), a dénoncé mardi le prix «sur-subventionné» de l'énergie nucléaire. «Ça fait un petit moment qu'on avait expliqué que le prix du nucléaire en France était sur-subventionné et qu'on nous mentait», a-t-il lancé sur RMC, affirmant que «la réalité, c'est qu'on arrive à un kilowatt/heure à 100 euros», alors qu'il «était vendu 35 par EDF». A ce prix-là, «on est déjà plus cher que l'énergie renouvelable, notamment éolienne», a poursuivi l’avocat, relevant au passage que le coût du réacteur nucléaire de nouvelle génération EPR en construction à Flamanville (Manche) est «passé de 3,3 milliards à 8 milliards, et on est loin d'avoir fini».

Cette hausse du prix de l'électron va-t-elle contribuer à accroître la précarité énertique? C'est l'avis de Catherine Peyge. Pour la présidente du syndicat intercommunal de la périphérie de paris pour l’électricité et les réseaux de communication (Sipperec), «les dispositifs réglementaires du tarif de première nécessité ne sont pas calibrés pour de telles hausses et la précarité déjà forte ne pourra qu’augmenter. De plus, un grand nombre de ménages se trouvera pris au piège par un prix de l’énergie trop élevé, ne laissant pas la possibilité de financer les actions nécessaires à la rénovation thermique et à la maîtrise de l’énergie ».

L’annonce de Philippe Martin n’a toutefois pas fait que des malheureux. A la bourse de Paris, le titre EDF a bondi, de plus de 9%, aujourd’hui.



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