Forte hausse des émissions mondiales de GES agricoles

Le 11 avril 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le bilan carbone de la riziculture a chuté de moitié en 50 ans.
Le bilan carbone de la riziculture a chuté de moitié en 50 ans.
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Mauvaise nouvelle pour les climatologues qui achèvent de rédiger le résumé du troisième tome du 5e rapport du Giec[1] à Berlin. Les émissions de gaz à effet de serre du secteur agricole mondial ont fortement progressé, ces deux dernières décennies. Et la tendance ne devrait pas s’inverser, souligne une étude publiée ce 11 avril par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

L’institution onusienne présente, de façon ordonnée, les statistiques d’émission qui seront publiées, dans les mois qui viennent, dans la version définitive du rapport du Giec. Globalement, les rejets agricoles de gaz à effet de serre (essentiellement du méthane et du protoxyde d’azote) ont progressé de 14% entre 2001 et 2011. Il y a trois ans, les rejets annuels des cultures et de l’élevage se sont établis à 5,3 milliards de tonnes équivalent CO2 (Mdteq CO2): 10 fois les émissions totales françaises. Cette croissance est essentiellement le fait des pays émergents et en développement, souligne la FAO.

L’impact de la déforestation

A ce chiffre considérable, il faut ajouter les bilans carbone de la déforestation (autour de 4 Mdteq CO2 par an), de la destruction des tourbières (1 Mdteq CO2 par an). Sans oublier l’impact climatique des feux de forêt: 200 Mt CO2 par an. Bref, nos activités agro-sylvicoles émettent, directement et indirectement, 10,2 Mdteq CO2 par an. A quoi il faut retrancher environ 2 Mdteq CO2, séquestrées, chaque année, par les forêts.

L’élevage est à l’origine de près de la moitié des émissions mondiales agro-sylvestres, devant la déforestation (40%) et le recul des tourbières (10%). En 2011, 44% de ces rejets étaient d’origine asiatique, suivis par les Amérique (25%), l’Afrique (15%) et l’Océanie (4%). A noter l’excellente performance de l’agriculture européenne, qui ne rejette plus que 12% des GES agro-sylvicoles, contre 21% en 1990.

Belle performance des producteurs d’œufs

Les nouvelles données de la FAO offrent également un tableau détaillé des émissions imputables aux consommations d’énergie des machines agricoles, pompes d'irrigation et navires de pêche. Ces émissions ont dépassé les 785 Mteq CO2 en 2010 (+75% depuis 1990).

La plupart des activités agricoles ont réduit leur empreinte carbone. Selon les calculs de la FAO, la production d’un kilogramme de viande générait, en moyenne, 7kgeq CO2?, en 1960: 27% de plus qu’aujourd’hui. Les producteurs d’œufs, de riz et de viande de porc ont réalisé les plus gros abattements d’émission: respectivement -57%, -49% et -45% entre les années 1960 et 2010.

Pour autant, les émissions d’origine agricole devraient continuer de progresser. En raison de la progression de la demande (due à la croissance démographique et à l’évolution de la demande), le bilan carbone de l’agriculture mondiale pourrait augmenter de 30% d'ici 2050, prévient la FAO.



[1] Giec: Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat

 



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