Forte hausse des accidents sur les sites industriels

Le 26 novembre 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
46% des accidents survenus, en 2018, dans les installations classées sont des incendies.
46% des accidents survenus, en 2018, dans les installations classées sont des incendies.
Sécurité Civile

Le nombre des événements ayant défrayé la chronique industrielle tricolore a bondi de 12% entre 2017 et 2018, indiquent les derniers chiffres du Barpi.

 

Deux mois après l'incendie de l'usine Lubrizol de Rouen, voilà une statistique qui devrait faire réfléchir. Depuis deux ans, le nombre d’accidents a fortement progressé sur les sites industriels français, indique le Bureau des risques et pollutions industriels (Barpi), dans son inventaire 2018 des accidents technologiques, publié en début de semaine.

«L'année 2018 avec 1.112 accidents et incidents recensés en France dans les installations classées tend à montrer une évolution croissante de l'accidentologie par rapport aux années 2017 et 2016 avec respectivement 978 et 827», selon le Barpi. Des chiffres supérieurs à ceux publiés par la direction générale de la protection des risques du ministère de la transition écologique, en mars dernier.

Les secteurs ayant vu progresser le nombre d’événements sont le raffinage, le transport et l’entreposage, le travail du bois, le traitement des déchets.

Haro sur les DEEE. Plus d’équipements électriques et électroniques, c’est plus d’incidents liés à la gestion de leurs déchets (les DEEE). 20 événements ont été recensés en 2018 contre 6 sur la moyenne des 10 années précédentes. La question des piles et batteries au lithium, impliquées dans plusieurs accidents, se pose de manière de plus en plus aiguë, souligne le Barpi.

À l’opposé, l’industrie du caoutchouc et des plastiques, les usines de papier-carton, l’agriculture, l’industrie chimique et pharmaceutique voient baisser le nombre d’accidents.

le très accidentogène secteur des déchets

Avec 244 explosions, incendies, rejets d’effluents et autres événements, le secteur des déchets (feux dans les centres de tri, échauffement dans les unités de compostage, incidents dans les méthaniseurs) reste, de loin, le plus accidentogène, devant la chimie (170), la métallurgie et l’agro-alimentaire.

Les incendies étant les événements les plus fréquents, les impacts environnementaux des accidents industriels augmentent. En 20187, 35% des incidents et accidents ont pollué l’environnement, contre 25% l’année précédente. «La pollution atmosphérique émise en est le principal facteur; elle résulte des rejets de matières dangereuses et des fumées d’incendies.»

LE facteur organisationnel

Les principales causes des accidents «sont liées principalement à des facteurs organisationnels (plus de 90% des cas)»: organisation des contrôles, choix des procédés (45 % des causes connues à l’origine des accidents à eux deux).

Dans nos colonnes, Julien Jacquet-Francillon, le secrétaire général adjoint du syndicat national des ingénieurs de l’industrie et des mines (SNIIM), rappelait que du fait de l’augmentation croissante de leur charge de travail, la présence sur les terrain des inspecteurs des installations classées «est de moins en moins évidente».

Autres causes fréquentes: l’identification des risques et la rédaction inadéquate des procédures et consignes de sécurité (+25 %).

Pour améliorer le suivi des installations classées les plus dangereuses, le SNIIM milite pour la création d’une autorité indépendante de la sécurité industrielle, sur le modèle de l’Autorité de la sûreté nucléaire (ASN).