Forte baisse des investissements climatiques dans les pays émergents

Le 06 novembre 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Entre 2015 et 2016, le montant des investissements a chuté de 27%.
Entre 2015 et 2016, le montant des investissements a chuté de 27%.
Bloomberg New Energy Finance

Entre 2015 et 2016, le montant des investissements dans les énergies vertes dans les pays en développement ou émergents a chuté de 27%.

Voilà qui s’appelle mettre les pieds dans le plat. L’un des sujets qui émergeront de la COP 23 sera la capacité des pays les plus industrialisés à respecter une promesse faite en 2009, à Copenhague: verser 100 milliards de dollars par an (86,2 Md€) aux pays les plus vulnérables dès 2020. Depuis, les pays du Nord tentent de rassurer leurs interlocuteurs du Sud sur leur volonté de tenir cet engagement. Sans convaincre.

Doublement des investissements

Et ce ne sont pas les dernières statistiques de Bloomberg New Energy Finance (BNEF) qui dissiperont le pessimisme ambiant. La filiale du groupe d’information financière Bloomberg évalue les investissements ‘compatibles’ avec la stabilisation du réchauffement à 2°C. Et ce n’est pas très réjouissant.

Publiée ce lundi 6 novembre, jour d’ouverture de la COP 23, les dernières statistiques du Climatescope portent sur les projets d’énergies renouvelables dans les pays émergents ou en développement, souvent financés par les banques ou les aides publiques du Nord. Un sujet jusqu’à présent porteur. Entre 2010 et 2015, le montant des investissements annuel a doublé, passant de 73 Md$/an en 2010, à plus de 150 Md$ en 2015, année de la COP 21.

Chute de 27%

L’enthousiasme suscité par la conclusion de l’Accord de Paris n’a pas suffi aux énergéticiens. En 2016, note BNEF, 111 Md$ ont été investis dans les énergies ‘propres’ dans les pays en développement: une chute de 27% en un an.

Pour les analystes, c’est essentiellement le ralentissement observé en Chine (avant la publication du 13e plan quinquennal) qui est responsable de ce coup de frein mondial. Mais le plus grave n’est peut-être pas là.

Quid du long terme?

Selon BNEF, le nombre de pays capables d’attirer les investissements stagne. Depuis 2010, seuls 27 pays non-OCDE attirent chaque année au moins 100 M$ en faveur de projets éoliens ou solaires. Ce qui laisse songeur sur la capacité de ces gouvernements à mettre en place un cadre politique, technique et juridique attractif pour les investisseurs.

Selon le consultant, il est nécessaire de consacrer 8.700 Md$ d’ici 2040 pour verdir assez vite nos bouquets énergétiques dans le but de stabiliser le réchauffement en deçà des 2°C d’ici la fin du siècle.



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