Forte baisse de la consommation d’électricité en France

Le 19 janvier 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les exportations françaises ont beaucoup progressé.
Les exportations françaises ont beaucoup progressé.

Demande, production et émissions de CO2 du secteur électrique tricolore sont à la baisse. Pour des raisons multiples.

Pour le gestionnaire du réseau de transport d’électricité (RTE), c’est du jamais vu! Présentant, ce matin 19 janvier, le bilan électrique 2011, le patron de RTE a dû se rendre à l’évidence: la consommation d’électrons a connu «une chute importante» entre 2010 et 2011: -6,8%. «Avec une consommation brute de 478,2 térawattheures, nous sommes revenus au niveau de 2006», confirme Dominique Maillard.
 
Tout le monde n’est évidemment pas logé à la même enseigne. Car, si la baisse de la demande est manifeste pour la grande industrie, les professionnels et les particuliers, les PME-PMI ont vu leur consommation de courant progresser de 2,5%.
 
Plusieurs facteurs expliquent cette dégringolade générale. La douceur du climat, tout d’abord. «Selon Météo France, 2011 a été l’année la plus chaude depuis que l’on réalise des relevés de températures», justifie Dominique Maillard.
 
La crise est aussi passée par là. La grande industrie a vu ses consommations chuter d’environ 5%. Depuis 2002, son appétit d’électrons a globalement diminué de 15%.
 
Moins impressionnant, la demande domestique et celle des professionnels s’est contractée de 1,2%. «Une évolution que l’on peut, peut-être, mettre au crédit de l’effet cumulatif des mesures de maîtrise de la consommation», avance le patron de RTE. A voir.
 
Ce qui est très net, en revanche, c’est la progression des parcs de production «renouvelables». En puissance installée le parc éolien (6.640 mégawatts au 31 décembre 2011) a cru de 15,2%. Un rythme de croissance 10 fois inférieur à celui affiché par le photovoltaïque; lequel flirte désormais avec les 2.300 MW crête installés.
 
Au total, les moyens de production «zéro émission» représentent 78% de la puissance installée totale (contre 77,8% en 2010). A noter que la part du nucléaire est désormais inférieure à 50% de la puissance installée totale. En ce domaine en tout cas, l’objectif que s’est fixé le candidat socialiste est déjà atteint.
 
La puissance installée des seules énergies renouvelables atteint 35.540 MW, soit 28,1% de la capacité totale, contre 26,8% l’année précédente.
 
Côté production, on est encore loin de tels chiffres. En 2011, centrales hydroélectriques, éoliennes, photovoltaïques et à biomasse ont produit 69,6 TWh, soit 12,8% de la production nette. En 2010, les modes de production utilisant les énergies vertes avaient injecté 82,8 TWh, soit 15% de la production totale. La raison de cette baisse de régime est simple: la baisse de la pluviométrie a réduit d’un quart la production des barrages et des centrales au fil de l’eau. Un manque qui a été compensé par les réacteurs nucléaires qui ont vu leur production progresser de 3,2%, à 421,1 TWh.
 
Economiquement, l’année a été appréciée par les électriciens français. Ces derniers ont vu fortement progresser leurs exportations d’électrons par rapport à 2010. Lissé sur l’année, le solde exportateur tricolore s’établit à 55,7TWh, contre 29,5 TWh en 2010. L’Italie et la Suisse (qui réexporte le courant qu’elle achète aux compagnies françaises) restant nos deux meilleurs clients: 44,5 TWH d’exportation, contre 3,2 TWh d’importation.
 
Avec la baisse de la consommation, la production globale des centrales hexagonales a reculé de 1,5%. Les pointes ayant été moins nombreuses qu’en 2010, les centrales thermiques à combustible fossile ont été moins sollicitées en 2011. Résultat: un bilan carbone du secteur qui s’améliore. En 2010, les électriciens français ont rejeté 34,2 millions de tonnes de CO2, soit 6,8 Mt de plus (19,8%) qu’en 2011. Dommage que le cours des quotas d’émission soit aussi bas.
 


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