Formaldéhyde: la maladie de Charcot, autre risque professionnel?

Le 15 juillet 2015 par Romain Loury
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Un produit cancérigène
Un produit cancérigène
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Chez les professionnels les plus fortement exposés, le formaldéhyde pourrait favoriser la maladie de Charcot, suggère une étude américaine publiée dans le Journal of Neurology, Neuropsychiatry & Psychiatry. Un risque sanitaire jusqu’alors méconnu pour ce composé mais qui, étrangement, semble n’affecter que les directeurs de funérarium.

En juin 2004, le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), branche de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), classifiait le formaldéhyde dans sa catégorie des «cancérogènes avérés pour l’homme», ceux du groupe 1, seulement pour les cancers du nasopharynx. Utilisé dans les laboratoires d’analyses médicales, les industries du bois et du plastique, ce produit est également connu pour provoquer des irritations respiratoires, oculaires et cutanées.

Le formaldéhyde pourrait favoriser une autre maladie grave, mais rare, la maladie de Charcot, dont les causes demeurent assez peu connues. Egalement appelée maladie de Lou Gehrig, ou sclérose latérale amyotrophique (SLA), ce syndrome paralysant, rapidement mortel, se caractérise par la mort des neurones moteurs. Or, lors d’études in vitro, le formaldéhyde s’est avéré entraîner, sur ces cellules, des symptômes assez proches de ceux observés dans la SLA.

Dans son étude menée sur la National Longitudinal Mortality Study (NLMS), qui regroupe près de 1,5 million de personnes, une équipe de l’université de Harvard (Boston, Massachusetts) révèle que les professionnels les plus exposés au formaldéhyde auraient un risque de maladie de Charcot multiplié par 4,43 par rapport à ceux non exposés à ce produit.

Les funérariums, environnement pollué

Surprise, ces personnes très exposées au produit, et donc à risque quasi quintuplé, se trouvent être des directeurs de funérarium, où le formaldéhyde est utilisé pour la conservation des corps. Un résultat intriguant, et qui complique un peu l’interprétation des résultats: outre le formaldéhyde, certes utilisé en grande quantité dans ces lieux, cette profession est exposée à d’autres produits chimiques, mais aussi à de nombreux agents infectieux, dont les virus, les bactéries et les prions.

Au vu de ces résultats, le risque de maladie de Charcot semble donc assez peu probable pour la population générale, majoritairement exposée dans les environnements intérieurs via les meubles. Au terme de plusieurs travaux menés au sujet du formaldéhyde, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) estime que «le risque d’irritations oculaires et respiratoires ne peut être écarté [mais celui] de cancer peut être exclu tant pour les adultes que pour les enfants».



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