Forêts tropicales: la biodiversité défie les calculs

Le 15 décembre 2015 par Romain Loury
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Une foison d'espèces inconnues
Une foison d'espèces inconnues
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Hauts lieux de la biodiversité terrestre, les forêts tropicales et sous-tropicales sont bien mal évaluées quand au nombre d’espèces qu’elles abritent. Selon une étude publiée dans Nature Communications, il pourrait être fortement sous-estimé, voire surestimé, d’environ 50% dans un sens comme dans l’autre.

Connaîtra-t-on un jour, avec un minimum de certitude, le nombre d’espèces, animales, végétales ou autres, qui peuplent notre planète? Rien de moins sûr. A défaut de pouvoir les caractériser les unes après les autres, les chercheurs recourent à des méthodes d’extrapolation: ils les comptabilisent en un lieu donné, puis étendent le chiffre obtenu à plus large échelle.

Or selon l’étude publiée par Andreas Schuldt, de l’Institut d’écologie à l’université de Lüneburg (Allemagne) et ses collègues, cette technique peut certes livrer des résultats assez fiables dans des lieux à faible diversité, mais s’avère plus aléatoire là où la biodiversité s’élève.

Les forêts tropicales, riches en habitats

Exemple, les forêts tropicales et sous-tropicales montagneuses: non seulement elles renferment un plus grand nombre d’espèces par unité de surface, mais elles disposent aussi de plus d’habitats, définis par l’altitude, la pente ou le degré d’ensoleillement.

Autre écueil, la méthode d’extrapolation livre des résultats très différents selon qu’on s’intéresse aux plantes, aux arthropodes –dont les insectes- ou aux micro-organismes comme les bactéries et les champignons. Ce sont justement à ces taxons (groupes d’espèces apparentées, et socle de la classification linnéenne), auxquels les chercheurs se sont intéressés dans des forêts sous-tropicales des montagnes du Zhejiang, dans le sud-est de la Chine.

Les arthropodes n’aiment pas l’extrapolation

Recourant à des analyses ADN, ils ont analysé les différences de richesse spécifique lorsqu’elle était calculée à partir d’une surface d’un hectare ou de dix hectares. Pour les arthropodes, la différence n’est pas mince: la surface la plus petite ne permet d’identifier que 38% des espèces présentes, tandis que celles de 10 hectares atteignent tout juste 76%.

L’équipe observe une plus grande homogénéité pour les champignons et les bactéries, avec 71% et 93% des espèces retrouvées sur un hectare.

Une grande marge d’incertitude

Dans ces lieux à forte biodiversité, la marge d’erreur semble donc très importante dès lors qu’on ne s’intéresse qu’à quelques taxons, et pourrait être sous-estimé ou surestimé de 50%, calculent les chercheurs.

Or la plupart des études visant à quantifier le nombre d’espèces dans des forêts tropicales et sous-tropicales ont porté sur celles de basse altitude, plus accessibles mais moins riches en espèces. Au niveau mondial, 47% d’entre elles sont situées dans des zones montagneuses.

«Notre connaissance générale de la biodiversité doit être améliorée, et pour cela il faudra se pencher sur de plus grandes surfaces que celles analysée dans les forêts mieux connues de basse altitude», concluent les chercheurs.



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