Forêts: les incendies diffèrent d’un continent à l’autre

Le 03 février 2015 par Romain Loury
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L'épicéa noir, un "embracer"
L'épicéa noir, un "embracer"
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Dans les régions boréales, les feux de forêt n’ont pas les mêmes effets climatiques selon qu’ils surviennent en Amérique du Nord ou sur le continent eurasiatique, selon une étude californienne publiée dans Nature Geoscience. En cause, les diverses stratégies mises en place par les arbres pour affronter les incendies.

Avec le réchauffement climatique, on s’attend à une recrudescence des incendies de forêt au cours du XXIème siècle. Notamment dans les régions boréales, dont les massifs stockent environ un tiers du carbone terrestre mondial et constituent un tiers de la surface forestière mondiale. Relâché dans l’atmosphère, celui-ci pourrait accélérer le réchauffement, notamment en favorisant le dégel du pergélisol, où sont stockées d’importantes quantités de carbone et de méthane.

Or la situation ne serait pas si simple, avance l’équipe de James Randerson, de l’université de Californie à Irvine. «Les modèles actuels des feux de forêt négligent l’influence des caractéristiques liées aux espèces, donnant ainsi une idée tronquée de leur dynamique et de leurs effets sur le réchauffement climatique», explique l’un des co-auteurs, Brendan Rogers.

Refroidissement ou réchauffement

D’un continent à l’autre, les feux de forêt ne se ressemblent pas: plus rares mais plus violents en Amérique du Nord, ils détruisent la canopée des arbres, tandis que sur le continent eurasiatique, ils restent surtout confinés à la base.

Selon les modélisations menées par l’équipe, les conséquences sont différentes, voire opposées. En Amérique du Nord, le sol d’une forêt incendiée se retrouve plus exposé, et l’albedo, proportion du rayonnement lumineux réfléchi par le sol, se retrouve augmenté du fait de la neige à découvert.

Résultat: un refroidissement local survient dans les années qui suivent. A l’inverse, la combustion de forêts eurasiatiques a au mieux un effet neutre sur l’albedo, mais entraîne le plus souvent un réchauffement. Selon les chercheurs, la différence s’explique par la nature des arbres.

«Embracers» contre «resisters»

En Amérique du Nord, il s’agit essentiellement d’arbres dits «embracers», qui étendent le feu et en meurent le plus souvent. Au cours de l’incendie, ils larguent des cônes sérotineux (enduits de cire), contenant des graines qui germeront après le sinistre.

Si le continent eurasiatique ne comporte pas d’«embracers», il s’est spécialisé dans les «resisters», qui ne couvrent que 0,4% des forêts boréales nord-américaines. Dotés d’une écorce épaisse, ils survivent plus fréquemment à l’incendie. D’un feuillage plus humide, leur canopée se trouve plus souvent préservée.

Les forêts du Canada et de l’Alaska étant dominées par l’épicéa noir (Picea mariana), «cette étude est l’une des premières à mettre en évidence l’influence très importante d’espèces individuelles sur les mouvements mondiaux du carbone –à l’exception de l’homme», commente James Randerson.



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