Forêts de varech: pas de déclin mondial

Le 15 novembre 2016 par Romain Loury
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Forêt de varech
Forêt de varech
NOAA

Prisant les eaux froides, les forêts de varech survivront-elles au réchauffement climatique? Selon une étude publiée lundi 14 novembre dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (Pnas), elles ne montrent pour l’instant pas de signe de déclin mondial comme d’autres espèces marines, mais avec de grandes variations d’une région à l’autre.

Présentes sur 43% des littoraux, sur tous les continents à l’exception de l’Antarctique, les forêts de varech comptent parmi les écosystèmes les plus productifs du monde. En production de biomasse, ces enchevêtrements de grandes algues, qui abritent de nombreuses espèces animales, rivalisent même avec les forêts tropicales et l’agriculture intensive.

Très sensibles à la pollution, aux espèces invasives ou à la pêche, ces sentinelles de l’environnement, qui préfèrent les eaux froides, pourraient aussi souffrir du réchauffement et de l’acidification. Première mondiale, une équipe internationale de biologistes marins a tenté de dresser un bilan de santé à l’état mondial, en évaluant leur récente évolution dans 34 des 99 écorégions marines où elles existent. La situation n’est au final pas si mauvaise que cela, ou du moins pas partout.

Une situation très contrastée

Certes, au niveau mondial, ces forêts sous-marines reculent chaque année de 1,8% en moyenne. Au niveau local, 38% des écorégions (Chili, îles Aléoutiennes, mer du Nord, sud de l’Australie, Californie centre et nord, golfe du Maine, etc.) montrent un déclin, tandis que 27% sont en progression, dont l’Atlantique d’Europe du sud, le sud de la Californie, le golfe du Saint-Laurent, la côte pacifique canadienne. Quant aux 35% restants, ils ne présentent pas de changement significatif.

Malgré la sensibilité du varech à son environnement, nulle trace de recul mondial comme il est observé avec d’autres espèces marines, dont les coraux, les herbiers marins ou les huîtres. Ce qui tend à montrer que ces algues présentent une plus grande résilience qu’on ne le pensait jusqu’alors. Ou que les facteurs locaux ou régionaux (pollution, pêche, etc.) sont, pour l’instant, plus importants que les facteurs globaux, dont le réchauffement et l’acidification, dans leur évolution.

Les herbivores débarquent

Egalement publiée dans les Pnas, une autre étude, australienne celle-ci, se montre quant à elle plus pessimiste quant à l’avenir des forêts de varech. Dans le sud de l’Australie, elle révèle que celles-ci doivent principalement leur déclin à l’arrivée de poissons herbivores d’origine tropicale, arrivées dans les zones tempérées australiennes à cause du réchauffement.

Parmi les espèces les plus voraces, le petit wiwa (Kyphosus bigibbus) et le poisson-lapin à point nacré (Siganus fuscescens), proche cousin des poissons-lapins Siganus luridus et Siganus rivulatus, arrivés par le canal de Suez, qui ravagent les algues méditerranéennes.



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