Forêts boréales: le réchauffement s’accélère dans certaines régions

Le 29 mars 2011 par Geneviève De Lacour
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De nouvelles études montrent que les forêts boréales de l’hémisphère nord seraient soumises à de rapides transformations de végétation résultant du réchauffement climatique. Dans certaines régions, ces modifications accentueraient même le phénomène de réchauffement climatique. La boucle est bouclée.

La forêt boréale russe, la plus étendue au monde, a subi de profondes modifications ces dernières années. Selon un article paru dans la revue Environmental Health Sciences, une nouvelle étude de l’université de Virginie (Etats-Unis) montre que les mélèzes aux aiguilles caduques ont été remplacés par d’autres conifères aux aiguilles persistantes. Or les mélèzes, en perdant leurs aiguilles en automne, permettent au sol recouvert de neige de réfléchir les rayons solaires. Cet arbre facilite donc le maintien de températures très basses. Mais l’épicéa ou le sapin qui remplacent le mélèze, en conservant leurs aiguilles, absorbent les rayons lumineux, et la capacité du sol à retenir la chaleur augmente.

«Le réchauffement climatique a créé les conditions idéales pour la prolifération d’arbres à feuilles persistantes au détriment du mélèze », explique Hank Shugart, professeur en sciences environnementales à l’université de Virginie. «Le réchauffement entraine encore plus de réchauffement

Autre effet, en cas de changement de la couverture végétale, le permafrost pourrait commencer à fondre ce qui potentiellement faciliterait la libération dans l’atmosphère d’énormes quantités de CO2.

En Alaska, où les mélèzes ont été fortement touchés par une maladie à la fin des années 1990, de larges zones de forêts sont devenues inhospitalières pour l’épicéa noir et blanc. Des hivers plus courts et plus secs et des conditions climatiques plus extrêmes ont affecté la forêt boréale dans sa répartition géographique.

Glenn Juday et ses collègues du Woods Hole research centre in Massachusetts et l’université de Paris ont comparé les anneaux de croissance de différents arbres de l’Alaska.

«Le climat s’est modifié. Il est devenu inadéquat au développement de la forêt boréale pour la plupart des régions qu’elle occupe normalement», déclare Glenn Juday, professeur à l’université d’Alaska à Fairbanks (Etats-Uni)s.

Le changement de macroécosystème n’est pas la seule crainte liée au changement climatique.

Les températures augmentant, les régions du Nord deviennent plus accessibles au développement des activités humaines ce qui fragilise les zones humides.

La semaine dernière, le Pew Environment Group, organisation non gouvernementale, a publié un rapport appelant à un meilleur contrôle du développement dans le Grand Nord canadien qui possède 25% des zones humides du monde: un développement lié à l’extraction de gaz et de pétrole, aux coupes de bois, aux carrières, aux barrages hydrauliques.

Le groupe Pew a déclaré que «seule une fraction de la forêt boréale a été protégée jusqu’à présent. Beaucoup moins que ce qui serait nécessaire pour maintenir l’écosystème sur le long terme».

La forêt boréale fournit des écoservices d’une valeur annuelle estimée à 700 milliards de dollars (497,29 milliards d’euros) en protégeant contre les changements climatiques ainsi que les pénuries d’aliments et d’eau. Elle permet aussi le stockage du carbone.

 



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