Forage en Guyane: nouveau recours déposé par trois ONG

Le 12 juillet 2012 par Geneviève De Lacour
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Les forages auront lieu à 140 km des côtes et par 2.000 mètres de fonds
Les forages auront lieu à 140 km des côtes et par 2.000 mètres de fonds

Trois ONG ont annoncé aujourd’hui 12 juillet le dépôt devant le tribunal administratif de Cayenne d'un recours pour excès de pouvoir contre les arrêtés autorisant Shell à procéder à des forages exploratoires en Guyane.

Ces travaux impliquent l'utilisation et le rejet dans le milieu marin de produits toxiques, affirment France Nature Environnement, Guyane Nature Environnement et Surfrider Foundation Europe, toutes trois dénonçant une légalisation de la pollution par l'autorisation préfectorale accordée le 20 juin au géant pétrolier.

Le feu vert à la campagne de forages exploratoires à 140 kilomètres du littoral et 2.000 mètres de profondeur a été donné par deux arrêtés du préfet de Guyane alors que l'éphémère ministre de l'écologie Nicole Bricq a annoncé le 13 juin dernier une remise à plat des permis de forage. Sa remplaçante, Delphine Batho, assure aujourd’hui 12 juillet, devant la commission du développement durable à l'Assemblée nationale, que l'exploration se fera dans le respect de l'environnement. Elle confirme que le Code minier sera prochainement réformé pour assurer une meilleure concertation avec le public sur ces questions.

Les ONG soulignent justement que les travaux, réalisés depuis un navire plate-forme et avec le recours à la technique des boues à l'huile, sont soumis au Code minier et de ce fait n'ont pas fait l'objet d'une étude d'impact ni d'une enquête publique. Elles rappellent que la société Shell a donc pu se contenter de déposer à la préfecture un dossier de déclaration d'ouverture de travaux et un plan d'intervention en cas de déversement d'hydrocarbures, avec un simple document d'appréciation des impacts environnementaux. Pas d’informations sur la mangrove, aucune description du littoral pourtant protégé par la Convention Ramsar en tant que zone humide, et de nombreuses espèces protégées oubliées. En d’autres termes, «ce rapport aborde exclusivement le fonctionnement normal des forages et n’envisage pas les situations dégradées ou accidentelles fréquentes dans le cadre des forages ultra-profonds», soulignent les trois ONG.

Elles précisent aussi que les huiles utilisées pour lubrifier, refroidir le forage et entraîner les déblais hors du fond du puits sont toxiques, et que l'arrêté autorise Shell à rejeter à la mer des déblais contenant 5% de ces huiles.

En début de semaine, quatre citoyens, dont deux médecins, et une association de défense des consommateurs ont, eux aussi, déposé un recours au tribunal administratif de Cayenne contre ces arrêtés, pour excès de pouvoir (voir JDLE).

 



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