FNE lance son «Appel des 3.000» avant les prochaines présidentielles

Le 12 janvier 2012 par Geneviève De Lacour
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

Le grand congrès de France Nature Environnement (FNE) se déroulera le 28 janvier prochain à Montreuil en présence des candidats déclarés à la prochaine élection présidentielle. Mais pour préparer ce grand rassemblement, FNE a présenté, aujourd’hui 12 janvier à Paris, ses propositions après avoir fait le bilan environnemental du quinquennat Sarkozy.

Le Grenelle de la mer et le Grenelle de l’environnement ont été les deux temps forts de cette nouvelle forme de gouvernance environnementale. Selon Benoit Hartmann, porte-parole de FNE, «le Grenelle de l’environnement fut un moment fondateur de la défense de l’environnement», âprement discuté au début de la mandature. Parmi les 268 engagements, la loi Grenelle a permis de créer les bilans carbone des entreprises et les plans Energie-climat territoriaux. Mais la loi Grenelle II s’est révélée moins satisfaisante que la loi Grenelle I, selon FNE. «Le classement des éoliennes en installations classées a constitué un recul, déclare Benoit Hartmann. Combiné au moratoire sur le photovoltaïque, cela a ralenti encore plus le développement des énergies renouvelables.»

Autre satisfecit, côté biodiversité, la trame verte et bleue (TVB) reste une avancée majeure.
 
En ce qui concerne le transport, la création d’un schéma national des infrastructures de transport (SNIT) a été un engagement important du Grenelle. Mais FNE regrette que de nombreux projets d’infrastructure incohérents avec ce schéma aient été conservés, comme l’aéroport de Notre-Dame des Landes, par exemple.
 
En revanche, le Grenelle des ondes n’a pas très bien fonctionné. «Il s’apparente plus à une opération de communication, selon le porte-parole de la fédération. La gouvernance permet de réguler l’action des lobbies. La concertation à 5 fonctionne et est nécessaire en matière environnementale. Mais elle doit être équilibrée, permanente et soutenue par une forte volonté politique et des financements pour mettre en œuvre les décisions
 
La fédération, qui rassemble 850.000 membres et 3.000 associations locales, a profité de cette conférence de presse pour présenter son «Appel des 3.000» pour un contrat environnemental. Ce document réunit les propositions sur lesquelles elle demande aux candidats à la présidentielle de se positionner.
 
FNE propose principalement deux mesures innovantes pour réussir la transition écologique, notamment en rénovant le dialogue environnemental et en investissant sans creuser la dette.
Mais elle identifie aussi trois chantiers prioritaires: l'agriculture (20%?de surface en bio en 2020, interdiction des OGM et une alimentation de qualité qui ne porte pas atteinte à la santé), la lutte contre le gaspillage du patrimoine naturel (comme l’artificialisation des terres) et enfin la sortie de la précarité énergétique et le risque lié au tout nucléaire -dont le coût de production devrait augmenter au cours des prochaines années.
 
Pour les mettre en œuvre, la fédération propose une éco-contribution, versée par les entreprises concernées (énergie, biodiversité, matières premières), sur le modèle des éco-organismes. Le président de FNE, Bruno Genty, réclame également un «dialogue environnemental constant» dans les instances démocratiques.
 
A la différence du Pacte écologique de Nicolas Hulot, en 2007, «on ne demande pas aux candidats de signer l'appel des 3.000, précise Bruno Genty. Nous leur demandons de nous dire s'ils sont prêts à reprendre telle ou telle proposition et à la mettre en œuvre de telle ou telle façon.».
 
En 2007, Nicolas Hulot avait placé l'écologie au cœur de la présidentielle en obtenant des principaux candidats qu'ils souscrivent à son Pacte écologique, dont les signataires s'engageaient notamment à mettre en place un numéro 2 du gouvernement en charge de l'écologie et à instaurer une contribution-climat (ou taxe carbone).
 
FNE n'entend pas noter les candidats sur leurs propositions mais analysera leurs réponses et les relaiera auprès de ses 3.000 associations, en vue de la présidentielle «mais aussi des élections législatives qui suivront», souligne le président.
 
Déjà les propositions de FNE «commencent à percoler dans les programmes des candidats», assure Benoît Hartmann. «Récemment, François Bayrou a parlé de la lutte contre l’artificialisation des sols et François Hollande, de contrat écologique», note Bruno Genty. A Montreuil, le 28 janvier prochain, sont déjà annoncés quelques candidats déclarés à la présidentielle: Eva Joly (EELV), Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) et François Bayrou (Modem). Pour François Hollande (PS), «c’est sûr à 95%», indique Bruno Genty.
 
Faute de candidat officiellement déclaré, l'UMP ne devrait pas être représentée. Cependant, la ministre de l’écologie devrait être présente à l’une des tables ronde. «Lorsque l'UMP aura son candidat, celui-ci sera sollicité pour donner son avis», précisent les représentants de la fédération.
 


A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus