FNE: la réforme du Code minier avant les forages

Le 20 juin 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Forera-t-il ou ne forera-t-il pas?
Forera-t-il ou ne forera-t-il pas?

La fédération des associations françaises de protection de l’environnement met le doigt là où ça fait mal. Dans un communiqué diffusé aujourd’hui 20 juin, France Nature Environnement (FNE) s’étonne d’une contradiction relevée dans le premier message commun diffusé, le 14 juin, par les ministres de l’écologie et du redressement productif.

Dans leur communiqué, Nicole Bricq et Arnaud Montebourg annoncent le lancement (maintes fois reporté, ces dernières années) de la refonte du Code minier. Un chantier qui permettra «de renforcer les procédures environnementales et de concertation avec les populations concernées ainsi que d’obtenir des garanties économiques et écologiques qui n’existent pas aujourd’hui», précisent-ils.

Joie des environnementalistes, immédiatement refroidie par le paragraphe suivant indiquant que «conformément au principe de continuité et de respect des engagements de l’Etat, il n’est pas envisagé de remettre en cause les permis déjà octroyés pour la recherche de pétrole et de gaz conventionnel».

Problème, peu de temps avant, Nicole Bricq avait publiquement annoncé «la remise à plat de tous les permis», et notamment l’autorisation de forage accordée à Shell au large de la Guyane [JDLE]. Au grand dam des responsables du groupe anglo-néerlandais qui ont affrété un coûteux navire de prospection.

«Une réforme du Code minier avant le démarrage de tout nouveau forage exploratoire à terre et en mer est impérative. En Guyane, une évaluation sérieuse du risque environnemental doit être réalisée. La réduction du déficit de la balance commerciale lié à l’importation de pétrole et de gaz ne peut pas se faire au détriment de la biodiversité guyanaise et de l’ensemble des activités économiques fortement impactées en cas de catastrophe écologique majeure», estime le président de FNE, Bruno Genty, dans un communiqué.

Après avoir vu l’étude d’impact de Shell, l’association Robin des bois donne du grain à moudre à FNE.

«L'étude d'impact du cabinet Creocean (commandée par Shell) aborde exclusivement le fonctionnement normal des forages», souligne l'ONG. Et «quoique minimale, l'étude de Shell/Creocean démontre que même si tout se passe bien, ça se passera mal pour un environnement marin fragile, productif et peu pollué», ajoute l'ONG. Alors que 4 forages ultra profonds sont prévus à 150 kilomètres au large de Cayenne, le premier devait, selon l'ONG, atteindre «1.970 mètres jusqu'au fond de la mer et plus de 4.330 m sous les sédiments marins».

Le document du cabinet d'étude parle bien d'une «faune benthique riche diversifiée et largement répandue», selon l'ONG, mais n'évoque pas les conséquences dramatiques des rejets inévitables des déblais en mer.

«Shell n'a pas prouvé sa capacité à stopper rapidement et à confiner une marée noire accidentelle», dénonce Robin des bois dans un communiqué. La compagnie pétrolière «n'a pas trouvé d'autre moyen que de rejeter en mer ses déchets liquides et solides d'exploration et de pompage expérimental», note l'ONG.

«Pour un seul forage, la première phase dispersera autour de la tête de puits 200 tonnes de déblais et l'auréole de contamination sera visible jusqu'à 500 m», selon l'ONG. Les prochaines phases donneront ensuite lieu «à des lâchers successifs» depuis le navire de forage de plusieurs centaines de kilogrammes de déblais et fluides usagés, avec des contaminants comme le baryum, le mercure et le plomb. Selon l'étude d'impact, la quasi-totalité de ces polluants «sera uniformément répartie sur les fonds de l'océan et ne se dispersera pas dans la colonne d'eau», précise l'ONG.

Cette pollution, insistent les écologistes, «nuira à l'état sanitaire et aux capacités de reproduction» des poissons, des crevettes -dont la Guyane est une grande exportatrice-, des mammifères marins, des tortues et des oiseaux de mer comme l'albatros à bec jaune qui est en voie d'extinction.

Sans oublier les émissions lors les essais de pompage, prévus sur 5 jours, de l'équivalent journalier en CO2 de 265.000 voitures, soit 2.300 t, note l'ONG qui compare cela aux 155t/jour de CO2 émises par les voitures à Cayenne.

S'y ajoutent le soufre et les métaux lourds émis par la torchère du navire de forage, non quantifiées par l'étude d'impact, selon les écologistes.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus