Floride: gare au python

Le 01 février 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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En Floride, le python birman (Python molurus bivittatus) est, depuis deux décennies, l’un de ces nouveaux animaux de compagnie tant appréciés des amateurs de sensations fortes. Hélas, la plupart de ces amis des bêtes oublient que le compagnon de Mowgli dépasse facilement les 4 mètres à l’âge adulte. Et qu’il est un prédateur redoutablement efficace.

Raisons pour lesquelles les fans de Kaa se débarrassent régulièrement de leurs protégés dans les marais floridiens. Selon le service géologique américain, leur population se compterait désormais par milliers dans les marais des Everglades. Et chaque année, les gardes du parc national en retirent moins de 200. Ceci sans compter leurs cousins: boa constricteurs (Boa constrictor) et autres pythons d’Afrique (Python sebae).

L’adaptation de ces reptiles à leur nouvel environnement n’est pas sans conséquence sur la faune locale. Publiée en début de semaine dans les Annales de l’académie des sciences américaine (Pnas), une étude présente des résultats alarmants sur l’évolution des populations de mammifères dans le parc national des Everglades.

En se basant sur les accidents de la route, les observations des naturalistes et des gardes, l’équipe dirigée par Michael Dorcas (université de Virginie) estime que les mammifères communs ont virtuellement disparu dans les zones fréquentées par le reptile géant.

Autrefois très abondants, le raton laveur (Procyon lotor), l’opossum de Virginie (Didelphis virginiana), le lapin de Floride (Sylvilagus floridanus) n’y ont plus été observés depuis 2005. Plus étonnant, les super prédateurs sont, eux aussi, en voie de disparition. Les observations de renards des arbres (Urocyon cinereoargenteus) et roux (Vulpes vulpes) et de lynxs roux (Lynx rufus) ont chuté de plus de 98% depuis les années 1990.

Seules les populations de coyotes (Canis latrans) et de panthères de Floride (Puma concolor coryi) semblent à peu près stables, mais les observations directes sont rares.

Si elle ne porte que sur les mammifère, l’étude rappelle toutefois qu’un quart des pythons capturés dans les Everglades contiennent des restes d’oiseaux, tels des grèbes ou des hérons. Mais les ravages du serpent birman pourraient ne pas se limiter aux zones marécageuses du sud de la Floride. Une récente étude a établi, à la surprise des scientifiques, que les pythons supportaient assez bien l’eau salée. Ce qui explique que certains reptiles ont été aperçus dans l’archipel des Keys, situés à quelques kilomètres au large de la Floride.
 



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