Finance climat: le compte n’y est pas

Le 06 décembre 2017 par Stéphanie Senet
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La transition énergétique a besoin de 20 à 40 milliards d'euros supplémentaires, par an, dans l'Hexagone
La transition énergétique a besoin de 20 à 40 milliards d'euros supplémentaires, par an, dans l'Hexagone

Dans l'Hexagone, il manque de 20 à 40 milliards d’euros par an pour réaliser les investissements nécessaires à la transition, selon le rapport publié ce 6 décembre par l’Institute for Climate Economics (I4CE).

La finance climatique a du plomb dans l’aile. Avec 32 milliards d’euros, le montant des investissements affiche une constance inébranlable depuis 2013. Et l’année 2017 ne devrait pas déroger à la règle[1]. «Mais ce montant est insuffisant au regard des besoins d’investissements», clame le groupe de réflexion I4CE, soutenu par la Caisse des dépôts, dans son 4e Panorama annuel des financements Climat.

Dans cette enveloppe, seuls 25 Md€ ont effectivement été alloués à la transition énergétique alors que l’économie française devrait s’appuyer sur 45 à 60 Md€ par an d’ici 2020, puis 50 à 70 Md€ d’ici 2030. Soit un trou de 20 à 40 Md€ pour atteindre les objectifs de la stratégie nationale bas carbone (SNBC) et la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).

Le reste (7 Md€) a été orienté dans les investissements industriels, agricoles, dans le nucléaire ou les nouvelles lignes de train à grande vitesse.

 

ACCENT SUR L'Efficacité énergétique

Tous les secteurs ne sont pas logés à la même enseigne. Avec 14,5 Md€ en 2016, l’amélioration de l'efficacité énergétique a non seulement bénéficié de la plus grosse enveloppe mais aussi de la plus forte hausse (+25% depuis 2011).

Les dépenses pour construire et entretenir les infrastructures durables et les réseaux ont totalisé 9,2 Md€. Mais après avoir augmenté de 50% entre 2011 et 2013, elles ont chuté depuis.

Même yo-yo pour les investissements dans les énergies renouvelables (ENR), dont le montant a atteint son pic en 2011 (8,6 Md€), puis a régressé jusqu’en 2013 (5,3 Md€), avant de remonter légèrement. Ils s’élèvent à 5,9 Md€ en 2016.

A côté de ces trois piliers de la transition, l’I4CE a comptabilité les dépenses pour rénover le parc nucléaire, pour développer les procédés non énergétiques et réduire d’autres émissions de gaz à effet de serre que le CO2 à 2,1 Md€.

Un jour pour la finance climatique / Green bonds, labels ISR et TEEC… Le troisième Climate Finance Day se tiendra à Paris le 11 décembre autour de trois thèmes principaux, selon Pierre Ducret, président d’I4CE. Au menu: les risques climatiques sur le système financier, les potentiels de la finance au secours du climat, et l’articulation entre les fonds publics et privés.

 

Le bâtiment à la traîne

Insuffisant, donc, au regard des enjeux. Sans surprise, le secteur du bâtiment est le plus en retard. «L’entretien et la rénovation des logements privés représente 50 milliards d’investissements par an et le marché de véhicules particuliers 40 milliards. Ce sont des dépenses qu’il faut aligner avec les objectifs en matière de climat», observe Benoît Leguet, directeur d’I4CE.

 

Le secteur public à bout de souffle?

Qui met au pot? En tant que porteurs de projet, l’Etat, les collectivités, les bailleurs sociaux et les gestionnaires d’infrastructures comme SNCF Réseau et la RATP sont les plus généreux, mais de peu. Ils ont investi 11,4 Md€ en 2016, soit environ 36% de l’enveloppe globale.

Ensuite, les ménages ont généré 33% des investissements (10,8 Md€), en majorité pour rénover les logements. Un chiffre à nuancer puisque ces investissements ont été réalisés grâce à l’autofinancement, l’emprunt bancaire… et les aides publiques.

En dernière ligne, les entreprises et sociétés de projet ont versé 9,8 Md€ en faveur du climat. Soit 21% seulement des financements tricolores. Au total, le secteur public (aides et subventions comprises) a donc porté plus de la moitié des investissements en faveur du climat depuis 2013.

«Nous devons rapidement trouver la bonne manière d’employer la règlementation, les incitations et instruments financiers pour être à la hauteur de nos attentes. Il faut surtout trouver la meilleure façon d’impliquer le secteur privé car il serait difficile, voire impossible, pour les budgets publics de financer seuls les investissements nécessaires», conclut Benoît Leguet. C’est justement l’un des objectifs du sommet dédié à la finance climatique, qui se tiendra à Paris le 11 décembre (cf. encadré).

 

 



[1] Les premières estimations tablent sur 31,5 milliards d’euros

 



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