Finalement assez soft le bilan environnemental du Ceta

Le 13 février 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Plus d'échanges, c'est plus de transports et donc plus de gaz à effet de serre.
Plus d'échanges, c'est plus de transports et donc plus de gaz à effet de serre.
Louis Vest

Le développement des échanges commerciaux entre le Canada et l’Union européenne ne devraient pas bouleverser la donne environnementale.

 

C’est dans la soirée de vendredi que le ministère de l’environnement a publié sa propre évaluation environnementale de l’accord économique et commercial, conclu entre l’Union européenne et le Canada (Ceta).

Les experts du Commissariat général au développement durable (CGDD) et du Conseil économique pour le développement durable (CEDD) ont cherché d’abord à évaluer l’intérêt de cet accord pour le commerce. Qu’on se rassure: il est minime. «Les gains en PIB apparaissent très faibles pour l’Europe (gains de PIB de 0,01% à 0,03% à long terme […] et légèrement supérieurs pour le Canada, qui pourra notamment augmenter ses exportations de produits animaux», soulignent les rédacteurs.

Faibles échanges

En effet, les échanges sont faibles entre la première économie du monde (celle de l’Union européenne) et le Canada. De plus, nombre des exportations européennes vers le plus grand pays du Nouveau monde sont déjà exemptes de droit de douane. «Une fois l’accord mis en œuvre, ce sont 97% de nos exportations qui seront ainsi libérées de tout obstacle tarifaire, contre 64% aujourd’hui.»
Toutefois, nombre des évaluations commerciales ont été faites plusieurs années avant la conclusion de l’accord (5 ans parfois) «et elles se fondent sur des hypothèses très discutables dans le contexte actuel».

Sables bitumineux

Beaucoup d’observateurs craignent que le Canada, gros producteur d’hydrocarbures, profite du Ceta pour accroître ses ventes vers l’Europe de brut, voire de carburants produits à partir des sables bitumineux, dont l’extraction est grosse émettrice de gaz à effet de serre (GES). Entre autres.

Là encore, peu de risque de dégradation de l’environnement canadien et du climat: 92% des importations françaises de produits pétroliers en provenance du Canada étaient déjà libres de droit de douane en 2014. Et avec la baisse des prix du brut, nul doute que les acheteurs du Vieux monde fassent affaire avec les moins chers des producteurs d’hydrocarbures, du Golfe arabo-persique, de Russie, de Norvège.

En définitive, le principal impact de la mise en œuvre du Ceta risque d’être l’accroissement des émissions de GES imputables à l’augmentation du nombre de rotations d’avions mais surtout de cargos entre les ports canadiens et européens. Une évidence relevée par le JDLE dès le mois d’octobre dernier.

A moins bien sûr que les marchés du carbone nord-américains et européen ne fusionnent. Mais là, c’est une autre histoire.



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