Fin des forages au Brésil pour Chevron

Le 24 novembre 2011 par Geneviève De Lacour
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Le Brésil a suspendu mercredi 23 novembre toutes les activités de forage de Chevron dans le pays. La décision a été prise après qu’une fuite de brut a été constatée, le 9 novembre dernier, dans un puits de forage à 1.200 mètres de profondeur près du champ pétrolifère de Frade, à 370 kilomètres au nord-est des côtes de Rio.

La fuite a été colmatée et la nappe de pétrole réduite de 12 à 2 kilomètres carrés à la surface, selon les autorités brésiliennes.

Mais depuis, l'Agence brésilienne du pétrole (ANP) a décidé de rejeter la demande de Chevron d'exploiter les gigantesques gisements de pétrole dit pré-sal, en eaux très profondes sous une épaisse couche de sel, découverts récemment. «L'ANP suspend toute l'activité de forage de Chevron Brésil Ldta, sur le territoire national, jusqu'à ce que les causes et les responsabilités pour la fuite de brut aient été identifiées et que les conditions de sécurité dans la zone aient été rétablies.».
 
L'ANP estime qu’il y a eu négligence de la part de Chevron dans l'étude des données fondamentales pour le forage du puits.
Elle rejette donc la demande du concessionnaire pour forer un nouveau puits plus profond dans le champ pétrolifère de Frade, «car cela impliquerait des risques de nature identique à ceux survenus dans le puits qui a provoqué la fuite, mais plus importants et aggravés du fait de la plus grande profondeur».
 
Auparavant, le président de Chevron Brésil, George Buck, avait tenté de calmer la colère des Brésiliens et fait amende honorable devant la commission de l'environnement de la Chambre des députés. «Je présente mes sincères excuses à la population et au gouvernement brésilien, a–t-il dit. Nous allons soigneusement enquêter sur l'accident et présenter les résultats au peuple brésilien pour que cela ne se reproduise pas, ni ici, ni ailleurs.».
 
Le gouvernement brésilien et l'Etat de Rio de Janeiro ont promis d'infliger des amendes maximum à Chevron. A Rio, le secrétaire à l'environnement de l'Etat, Carlos Minc, a déclaré que Chevron n'avait pas opéré dans les conditions de confiance qui lui avaient été données.
 
«La loi permet que des entreprises étrangères prospectent et exploitent du pétrole. Mais nous ne sommes pas une République bananière (...). Nous sommes la 7e économie du monde et nous voulons des technologies de plus en plus sûres», a déclaré le secrétaire à la presse étrangère.
 
«Il faut que cela nous serve d'alerte pour le pré-sal. Comment obtenir des richesses (avec le pétrole) tout en minimisant les risques. Nous ne pouvons mettre en danger notre ‘Amazonie bleue’ et sa biodiversité», souligne Carlos Minc.
 
Le président de Chevron Brésil a affirmé que 2.400 barils de pétrole (environ 317 tonnes) s'étaient répandus dans l'océan entre le 8 et le 15 novembre, mais l'ANP a estimé la fuite à 3.000 barils et l'ONG écologiste SkyTruth à 29.904 barils (4.000 tonnes).
 


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