Fin de la surpêche: il faut maintenir le cap

Le 27 mars 2015 par Stéphanie Senet
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A quand la fin de la surpêche dans les eaux européennes?
A quand la fin de la surpêche dans les eaux européennes?

Cinquante ans de surpêche ont profondément modifié les écosystèmes marins de l’Europe du Nord-ouest, selon un rapport publié le 26 mars par l’ONG Pew. Une piqûre de rappel bienvenue alors que les effets sur les espèces halieutiques de la réforme de la PCP se font toujours attendre.

 

En mer du Nord, mer d’Irlande et mer Celtique, la pêche est une vieille histoire. Des restes de coquillages et de squelettes de poissons révèlent que des pêcheries existaient déjà en mer d’Irlande il y a 9.000 ans. Mais si les gouvernements et l’Union européenne continuent à faire la sourde oreille, certaines espèces halieutiques pourraient disparaître à tout jamais.

Le hareng, symbole nordique de la surpêche

Selon Pew, la première alerte a concerné le hareng de mer du Nord en 1955. Les stocks se sont effondrés à la fin des années 1960 puis de nouveau en 1977, dans les années 1980 et 1990, jusqu’à ce que le Conseil international d’exploration de la mer (Ciem) réclame, en 2003, la fermeture de la pêcherie.

La morue est elle aussi fragilisée. Alors que les stocks se sont presque reconstitués ces dernières années, l’accroissement rapide des prises a de nouveau conduit l’espèce au déclin.

En 1957, les navires ont capturé 4 millions de tonnes de poissons dans les eaux de l’Atlantique du Nord-est[1]. 50 ans plus tard, les tonnages s’avèrent similaires. Mais pas les espèces capturées. Dans le top 10 de la pêche en 2005, on ne retrouve que 4 espèces du classement de 1957 (hareng, morue, maquereau et sardine). Autrefois absent, le homard est désormais le crustacé le plus pêché des eaux européennes.

Une réforme de papier?

Dans l’UE, les premières régulations des stocks remontent aux années 1970 et la politique commune de la pêche (PCP) est officiellement née en 1983. Basée sur l’idée erronée que les stocks halieutiques sont inépuisables, elle échoue à garantir la durabilité des espèces, qui sont victimes de surpêche dans 94% des cas en 2007.

C’est pourquoi la PCP est réformée par le règlement du 11 décembre 2013. Sur le papier, elle comporte des avancées fondamentales: gestion des capacités de flotte, prise en compte de critères sociaux, économiques et environnementaux pour l’attribution des quotas, atteinte du rendement maximum durable entre 2015 et 2020 selon les espèces. Autre avancée: tous les pêcheurs européens doivent, entre 2015 et 2019, débarquer leurs rejets.

Une nécessaire mobilisation

En pratique, les résistances sont à l’œuvre, comme l’ont montré les nouveaux quotas 2015, qui n’intègrent toujours pas les recommandations des scientifiques en matière de rendement maximum durable (RMD). «Plusieurs Etats membres se battent pour reporter le plus possible l’application du RMD ou multiplient les exceptions à la règle au nom d’un manque de données scientifiques ou de l’emploi dans le secteur de la pêche», résume Pew. Fortement mobilisée, l’ONG appelle à un sursaut citoyen pour que la réforme de la PCP soit bel et bien appliquée dans les eaux européennes.

 



[1] Incluant la mer du Nord et la mer Baltique mais excluant la Méditerranée

 



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