Fièvre catarrhale ovine: une étrange résurgence

Le 18 septembre 2015 par Romain Loury
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Nouvelle menace sur les éleveurs
Nouvelle menace sur les éleveurs

Le retour de la fièvre catarrhale ovine (FCO) dans des élevages du centre de la France fait craindre de lourdes retombées économiques. Alors que la maladie avait disparu de France continentale en juin 2010, cette résurgence surprend les experts.

D’origine africaine, la «maladie de la langue bleue», liée à un virus infectant principalement les moutons (mais aussi les bovins, les caprins et les ruminants sauvages), est survenue en Europe dans les années 1950. Apparue en France en 2000, seulement en Corse, elle a connu une flambée en 2006 dans l’Europe du nord-ouest, avec un pic en France en 2008.

Depuis, la maladie s’est lentement éteinte, du moins en France, où elle a fait son dernier cas sur le continent en juin 2010, dans les Alpes-Maritimes. Si bien que le pays a été classé «officiellement indemne» de la maladie fin 2012, à l’exception de la Corse, où elle est effectivement revenue en 2013, probablement en provenance de la proche Sardaigne.

Or sans réelle explication à ce jour, voici que la FCO a fait sa réapparition dans un élevage mixte bovin-ovin de l’Allier, a annoncé le ministère de l’agriculture vendredi 11 septembre. Selon un bilan dressé vendredi 18 par la plateforme «Epidémiosurveillance santé animale» (ESA), 18 élevages seraient touchés à ce jour, dans l’Allier, la Creuse et le Puy-de-Dôme.

Circulation à bas bruit, ou réintroduction?

Le phénomène est d’autant plus étonnant que le virus incriminé est du sérotype 8, dont on estimait qu’il ne circulait plus en France depuis 2010. Mieux, «il n’a été notifié dans aucune région du monde depuis 2011», observe le ministère de l’agriculture.

Interrogé par le JDLE, le directeur de la santé animale de l’Anses [1], Gilles Salvat, juge la situation «assez curieuse». S’agit-il d’une réémergence d’un virus qui n’a jamais cessé de circuler depuis sa dernière apparition officielle, ou d’une réintroduction suite à l’importation d’animaux contaminés?

Pour l’instant, nul ne le sait. Selon la plateforme ESA, «les premières analyses génétiques du virus laissent penser qu'il est très proche du virus BTV8 qui a circulé en France de 2006 à 2010, mais seul le séquençage complet du virus, attendu pour la fin du mois, permettra de dire avec certitude s'il s'agit du même virus».

Vaccination des animaux exportés

Sans danger pour l’homme, la FCO constitue avant tout un risque commercial important pour les éleveurs français. Outre la mise en place de zones de protection et de surveillance dans un rayon de 150 km autour des élevages touchés, le ministère a annoncé jeudi 17 septembre la vaccination prioritaire des animaux destinés à l’export. A ce jour la France dispose de 1,3 million de doses de vaccin, assez pour les 4 prochains mois.

Favorable à cette vaccination pour l’export, la Confédération paysanne se dit en revanche «extrêmement vigilante aux décisions qui seront prises à plus long terme»: la FCO «est avant tout commerciale, utilisée comme outil protectionniste. La lutte contre la maladie est dès lors motivée par la recherche à tout prix d'un retour au statut de pays indemne. (…) Le déclassement de la maladie et une gestion coordonnée de la politique sanitaire s'imposent donc au niveau européen».

[1] Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail



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