Fièvre aphteuse: le colostrum réglementé à l’entrée de l’UE

Le 12 mars 2014 par Romain Loury
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Le colostrum bovin va faire l’objet des mêmes contrôles que le lait cru lors de son entrée dans l’UE.
Le colostrum bovin va faire l’objet des mêmes contrôles que le lait cru lors de son entrée dans l’UE.
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Le colostrum bovin, utilisé dans des compléments alimentaires, va désormais faire l’objet des mêmes contrôles que le lait cru lors de son entrée dans l’UE, en raison d’un risque zoosanitaire similaire, selon un règlement publié le 6 mars au Journal officiel de l’Union européenne (JOUE).

Premier lait produit après l’accouchement, ce qui en fait le premier aliment ingéré par le nouveau-né, le colostrum est très riche en protéines et en immunoglobulines. D’où son intérêt, au moins commercial, en tant que complément alimentaire: utilisé par les fans de musculation, il est aussi vanté pour ses bienfaits immunitaires –dont les preuves scientifiques n’abondent pas.

Efficace ou non, le colostrum et ses produits dérivés faisaient jusqu’à présent d’objet d’un flou sanitaire, du moins pour la consommation humaine [1]. Or le produit présente les mêmes risques que le lait cru en ce qui concerne la fièvre aphteuse, maladie non transmissible à l’homme, mais à l’impact économique très important pour l’élevage.

C’est là l’objet du règlement d’exécution n°209/2014 publié au JOUE. Par ce texte, le colostrum et les produits à base de colostrum destinés à la consommation humaine se voient dorénavant dotés de mesures spécifiques lors de leur entrée dans l’UE. Des règles similaires à celles en vigueur pour le lait cru, fixées par le règlement n°605/2010, mais au final bien plus restrictives.

Sept pays hors UE

Les produits à base de colostrum ne pourront être importés dans l’UE que de pays indemnes de fièvre aphteuse sans vaccination et indemnes de peste bovine pendant une période minimale de 12 mois avant la date d’importation. A savoir ceux de la «colonne A» d’un tableau dressé dans le règlement sur le lait cru: à ce jour, ces pays ne sont que 7 [2].

Quant aux pays des colonnes B et C, plus exposés à la fièvre aphteuse ou à la peste bovine, les portes de l’UE leur seront peut-être ouvertes pour ce qui s’agit du lait cru, mais pas du colostrum. Pour le lait cru, le règlement de 2010 prévoit plusieurs traitements de stérilisation et de pasteurisation, censés annihiler tout risque; or ces méthodes n’ont «pas été validées pour le colostrum, qui a une teneur élevée en cellules», indique le nouveau texte.

[1] La sécurité sanitaire du colostrum est déjà encadrée pour l’alimentation animale, par le règlement n°790/2010.

[2] Andorre, Australie, Canada, Etats-Unis, Islande, Nouvelle-Zélande, Suisse



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