Fièvre aphteuse en Corée: l’épidémie s’étend, le scandale aussi

Le 12 avril 2011 par Célia Fontaine
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Un foyer sans précédent de fièvre aphteuse chez les porcs et les bovins a été détecté fin 2010 en Corée du Sud. L’épidémie s’étend maintenant en Corée du Nord, où une équipe de spécialistes de santé animale de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et de l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) s'est rendue, afin d’aider les autorités vétérinaires à maîtriser les foyers, indique un communiqué de la FAO du 4 mars.

Cette maladie virale très contagieuse touche les bovins, buffles, ovins, caprins, porcins et autres bi-ongulés. Elle provoque des ulcères au niveau du museau, de la bouche et des sabots, et peut être mortelle pour les animaux jeunes ou affaiblis. Si l’homme est rarement infecté, la fièvre aphteuse rend les animaux trop faibles pour les labours ou les récoltes, et les agriculteurs ne peuvent vendre leur lait à cause du risque d'infection. Elle oblige donc les autorités à prendre des mesures de quarantaine et d’élimination. Depuis novembre 2010, les autorités sud-coréennes ont abattu plus de 3 millions de têtes de bétail. Le pays est également touché par une épidémie de grippe aviaire, qui se traduit là aussi par l'abattage, depuis la fin de décembre, de plus de cinq millions de poulets, canards et autres volailles.

«L'ampleur de la flambée épidémique en Corée du Sud ne ressemblent à rien de ce que nous avons connu ces cinquante dernières années», a déclaré Juan Lubroth, Vétérinaire en chef à la FAO. «En cas de réponse à un foyer infectieux, les pays doivent se conformer aux pratiques en vigueur qui tiennent dûment compte du bien-être des animaux et des impacts sur l'environnement», poursuit-il.

Or, selon Compassion in World Farming (CIWF), une ONG créée en 1965 pour une agriculture responsable, le gouvernement coréen n’a pas respecté les directives internationales sur l’abattage. Une vidéo de l’association montre en effet des milliers de porcs jetés puis enterrés vivants dans des fosses, sans anesthésie et sans mise à mort dans les régles. D’un point de vue environnemental, ces charniers posent le problème de l’infiltration des déchets animaux dans le sol, jusqu’aux nappes phréatiques.

Cette méthode cruelle a été privilégiée au vu de la charge financière que représente l'abattage des animaux. «Face à l'augmentation des cas de fièvre aphteuse, la question qui se pose est de savoir si l'abattage systématique doit rester la méthode privilégiée ou si la vaccination ne devrait pas jouer un rôle majeur», estime la FAO. En effet, quand on sait que l’abattage a coûté 270 millions d’euros (qui comprennent notamment les indemnisations aux éleveurs), et que le programme de vaccination complet aurait coûté environ 75 millions d’euros, la question peut se poser…



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