Feux de forêt: une menace pour la sécurité alimentaire

Le 21 décembre 2018 par Romain Loury
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Une menace accrue par le réchauffement
Une menace accrue par le réchauffement
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L’ozone issu des incendies de forêt est toxique pour la santé des populations et des plantes –et donc pour la sécurité alimentaire mondiale. Selon une étude publiée vendredi 21 décembre dans Nature Communications, ces feux pourraient auraient même un impact planétaire plus élevé que la sécheresse.

Outre les deux à trois gigatonnes de carbone qu’ils libèrent chaque année dans l’atmosphère,les feux de forêt sont une source importante d’ozone et de particules fines. Alors que l’effet des polluants issus de ces incendies est bien décrit, leur impact sur la croissance végétale –cruciale aussi bien pour les écosystèmes que pour la sécurité alimentaire- demeure méconnu.

L’ozone, poison pour la photosynthèse

L’ozone est en effet nocif pour les plantes, dont il diminue la photosynthèse. A l’inverse, les particules fines jouent en la matière un rôle plutôt bénéfique, en accroissant la diffusion radiative de la lumière. Selon l’étude de modélisation menée par le climatologue Xu Yue, de l’Institut de physique atmosphérique de Pékin, et la mathématicienne Nadine Unger, de l’université d’Exeter (Royaume-Uni), c’est le premier qui l’emporte, et de loin.

Baisse de 0,6% de la production végétale mondiale

Les deux chercheurs ont analysé, sur la période 2002-2011, l’effet de l’ozone et des particules fines d’un diamètre inférieur à 2,5 micromètres (PM2.5) sur la croissance végétale au niveau mondial.

Résultat: l’ozone réduirait la production primaire (à savoir l’absorption végétale de carbone) de 4,9 gigatonnes par an, dont 0,86 gigatonnes (environ 20%) rien que pour celui issu des incendies de forêt. A l’inverse, les particules fines entraînent un gain de production primaire d’environ 1 gigatonne de carbone par an, dont seulement 5% du fait des incendies.

L’association ozone-PM2.5 a donc un effet négatif: au niveau mondial, les feux de forêt seraient responsables d’une baisse de 0,6% de la production primaire végétale, soit six fois plus que les 0,1% de baisse liée à la sécheresse sur la même période, avancent les chercheurs.

Des effets locaux marqués

Localement, l’effet peut être bien plus marqué, comme par exemple suite aux importants incendies survenus en 2006 en Indonésie, qui ont entraîné une baisse de 3,6% de la production primaire.

Du fait de la circulation atmosphérique, ces conséquencess’exercent jusqu’à des centaines de kilomètres de distance de l’incendie, notent les chercheurs. Selon Xu Yue, «de tels effets négatifs devraient s’exacerber dans l’avenir, du fait de la recrudescence attendue d’incendies liés au réchauffement climatique».



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