Fessenheim: un incident de 2014 refait parler de lui

Le 04 mars 2016 par Romain Loury
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Fessenheim inquiète l'Allemagne
Fessenheim inquiète l'Allemagne
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La centrale nucléaire de Fessenheim a-t-elle été «temporairement incontrôlable» le 9 avril 2014? C’est ce qu’affirme la presse allemande, selon qui l’incident aurait été minimisé du côté français. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) réfute un tel niveau de gravité et maintient son classement au niveau 1.

Le nucléaire français a connu de meilleures semaines: plainte déposée par Genève contre la centrale nucléaire du Bugey, mise en cause du site de Cattenom (Moselle) par les Verts allemands, projets de Bure et Flamanville attaqués par les associations… il ne manquait plus que Fessenheim.

C’est chose faite ce vendredi 4 mars: en Allemagne, la Süddeutsche Zeitung, ainsi que la chaîne de télévision WDR, font état «d'une suite de défaillances techniques» survenues le 9 avril 2014, et évoque un réacteur dont la température serait devenue «temporairement incontrôlable». Il a dû être stoppé par ajout de bore, procédure si rare que, selon les médias allemands, elle n’a jamais été utilisée dans une centrale d’Europe occidentale.

Une inondation touchant une protection du réacteur

Dans un communiqué du 17 avril 2014, l’ASN avait bien fait part de l’incident, classé en niveau 1, mais en dressait un tableau plus serein: il s’agit d’«une inondation interne dans la partie non nucléaire de l’installation [qui] a endommagé des systèmes électriques de sauvegarde et conduit à la mise à l’arrêt du réacteur n°1».

L’inondation est survenue à l’occasion du remplissage d’un circuit de réfrigération, du fait de l’obstruction d’une tuyauterie d’évacuation par de la limaille. «L’eau s’est étalée sur le sol et a ruisselé dans les étages inférieurs, ce qui a endommagé les armoires électriques commandant la voie A du système RPR [système de protection du réacteur, ndlr]. La fuite a été rapidement stoppée par le personnel EDF», expliquait l’ASN.

La voie B, indépendante de la voie A, n’a pas été affectée, et «les fonctions du système RPR ont toujours été assurées», assurait l’autorité. «En application des règles générales d’exploitation, le réacteur n°1 a été arrêté par l’exploitant», ajoutait-elle.

Pas de perte de contrôle, selon l’ASN

Interrogée vendredi par Le Monde, Sophie Letournel, chef de la division de Strasbourg de l’ASN, qualifie les affirmations de la presse allemande de «totalement injustifiées»: «A aucun moment le réacteur n’a été hors de contrôle», déclare-t-elle.

Si le bore a été utilisé pour stopper le réacteur, c’est uniquement parce que les grappes de manœuvre, qui permettent de faire baisser la température et la pression, «n’étaient pas manœuvrables», indiquait l’ASN au terme d’une inspection menée après l’incident.

«Dans le cas présent, les équipes d’EDF n’avaient pas d’indication quant au niveau où les grappes descendaient dans le cœur», indique Sophie Letournel au Monde.

Défavorable à une prolongation de la durée de vie de Fessenheim, la ministre allemande de l’environnement, Barbara Hendricks, a fait savoir vendredi par son porte-parole qu’elle souhaitait que la centrale «soit fermée le plus vite possible». Interrogée par l’AFP, Sophie Letournel considère qu'«il n'y a pas de raison de fermer» la centrale de Fessenheim «du point de vue de la sûreté nucléaire».



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