Fessenheim: fermeture en 2017 ou 2018?

Le 09 septembre 2015 par Romain Loury
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La centrale de Fessenheim (Haut-Rhin)
La centrale de Fessenheim (Haut-Rhin)

La fermeture de Fessenheim, pas avant l’ouverture de Flamanville? Critiquée sur ses propos ambigus tenus mardi 8 septembre en marge d’un déplacement en Alsace, la ministre de l’écologie Ségolène Royal a précisé sa pensée mercredi, faisant imperceptiblement glisser la date butoir de 2017 à 2018.

C’était l’un des engagements de François Hollande: fermer la centrale nucléaire de Fessenheim, la plus vieille de France, d’ici la fin de son quinquennat, début 2017. Or la donne pourrait être compliquée par le récent report -le 4e-, de l’ouverture de l’EPR de Flamanville, désormais fin 2018.

Interrogée par la presse sur les conséquences de ce retard sur la fermeture de Fessenheim, Ségolène Royal a rappelé, lors d’un déplacement à Strasbourg, le plafonnement de la production d’énergie nucléaire prévue par la loi de transition énergétique: «ce qui veut dire que quand Flamanville ouvrira, Fessenheim devra fermer. Flamanville va ouvrir d'ici 2018. Et donc en effet, Fessenheim devra fermer.»

Ces propos ont aussitôt suscité l’ire des antinucléaire, dont Europe Ecologie-les Verts, qui s’est étonné mardi «de la légèreté avec laquelle est envisagé le respect de la parole présidentielle». «Conditionner la fermeture de Fessenheim à l’ouverture sans cesse repoussée du fiasco industriel que représente l’EPR de Flamanville relève de la mauvaise plaisanterie», ajoute le parti.

L’échéance passe à 2018

La ministre a aussitôt tenté de rectifier le tir sur twitter, y déclarant que «la fermeture de Fessenheim n’[était] pas reportée, [et qu’elle devait] être organisée dans le cadre de la nouvelle loi [de transition énergétique]. Il n’y a aucun sujet de polémique.»

Rebelote ce mercredi à la sortie du conseil des ministres: interrogée par la presse, Ségolène Royal a essayé d’éteindre l’incendie. «Comme je l’ai dit hier, à partir du moment où deux nouveaux réacteurs vont ouvrir, deux vieux réacteurs devront fermer à l’échéance butoir de 2018, ce qui veut bien dire qu’il faudra dès l’année prochaine [2016] engager ce processus en respect des personnes, en respect des territoires», a expliqué la ministre.

«Ce sera irréversible d’ici la fin du quinquennat, bien évidemment», a-t-elle ajouté. Comprendre: la fermeture n’aura peut-être pas lieu en 2017, mais le processus, «irréversible», sera bien lancé au plus tard début 2017. La fermeture de Fessenheim se fera «au plus tard en 2018», mais EDF devra dire dès l’année prochaine comment elle va s’y prendre, a complété la ministre.

Début 2016, un décret pour lancer le processus

Ces propos ont aussitôt été confirmés par Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement: «L'objectif du gouvernement est que cette centrale soit fermée. Un décret sera pris dès le début de l’année prochaine [2016] pour engager le processus de fermeture» et celui-ci sera «irréversible». «L’objectif, c’est de tenir l’engagement qui a été pris de fermer la centrale de Fessenheim», a-t-il conclu.

Interrogée mardi par l’Agence France Presse (AFP), à la veille de cette clarification, la ministre allemande de l’environnement, Barbara Hendricks, s’était dite «évidemment très déçue»: «Je me suis adressée à plusieurs reprises à ma collègue française pour plaider pour un arrêt le plus rapide possible de cette vieille centrale, et je m'attendais à ce que le réacteur soit retiré du réseau en 2017 comme annoncé».



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