Fessenheim: EDF ne veut pas imaginer l’improbable

Le 30 juin 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Malgré les appels lancés au printemps par les responsables du nucléaire français pour imaginer de nouveaux scénarios d’accidents nucléaires [JDLE], EDF ne semble pas vouloir jouer le jeu. Pour preuve: la confrontation d’études sur le risque d’inondation de la centrale de Fessenheim.
 
Le conseil général du Haut-Rhin a estimé, mercredi 29 juin, que le risque d'une inondation de cette centrale devait être envisagé, alors qu'EDF juge l'événement trop improbable pour en tenir compte.??
 
Une étude du service Environnement du département estime que les «diguettes» qui entourent la plus ancienne centrale de France, mise en service en 1977, pourraient être submergées en cas de rupture de la digue du Rhin et que le niveau de l'eau pourrait atteindre un mètre à l'intérieur du site.
 
«La probabilité est très faible», a reconnu Georges Walter, le directeur du service Environnement, en présentant à Colmar son étude hydraulique devant la Commission locale d'information et de surveillance de la centrale nucléaire (CLIS) qui l'avait commandée.??
«Mais l'Etat français a considéré que, tant que le risque n'était pas de zéro, il fallait tenir compte de la vulnérabilité de ce qui est derrière», a-t-il ajouté en se référant aux normes imposées aux collectivités pour les ouvrages hydrauliques.
 
EDF n'a pas nié que le centre de production nucléaire de Fessenheim puisse être affecté par une rupture de la digue du canal d'Alsace, qui maintient le Rhin à 8 mètres plus haut, mais a soutenu que l'événement était hautement improbable.??
 
François Laigle, l'un de ses experts géotechniciens, a retenu l'hypothèse d'un séisme majeur pour conclure que la digue ne souffrirait d'aucun dommage important. Les fuites susceptibles d'apparaître entre les plaques de béton armé qui assurent son étanchéité ne dépasseraient pas, selon lui, 7 mètres cubes par seconde.??
 
La centrale a été conçue pour rester au sec face à un flux de 20 m3/s alors que le département, qui retient l'hypothèse d'une brèche par érosion interne, envisage 500 m3/s au plus fort de la crue. La prise en compte d'un risque d'inondation majeure supposerait de rehausser les diguettes qui entourent la centrale et de détruire une ancienne digue du Rhin qui constitue un frein à l'étalement d'une vague d'eau dans la plaine alsacienne.??
 
«On est ici pour imaginer l'improbable», a estimé Michel Habig, président de la CLIS et vice-président UMP du conseil général, en réponse au refus d'EDF d'envisager un tel scénario.??
 
Il a reçu l'appui de son voisin allemand, le Regierung Praesident -un équivalent du préfet- de la région de Fribourg: «Je voudrais souscrire à vos conclusions. Il faut éviter ce cas de figure même si la probabilité est faible. Le débat tel qu'il a été mené ne me satisfait pas», a dit Julian Würtenberg.


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