Fessenheim: 7 associations portent plainte contre EDF et Areva

Le 14 octobre 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Gare à la virole basse du GV de Fessenheim 2.
Gare à la virole basse du GV de Fessenheim 2.
EDF

L’installation d’une pièce mal usinée sur l’un des générateurs de vapeur du réacteur n°2 au cœur de l’affaire.

C’est un nouveau bras de fer qui s’engage entre anti et pro nucléaire, à propos de la centrale de Fessenheim. Ce vendredi 14 octobre, 7 organisations[1] environnementalistes ont annoncé un dépôt de plainte contre Areva et EDF, pour mise en danger délibérée de la vie d’autrui.

Cette action judiciaire fait suite à la publication par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) d’une longue liste d’anomalies dans les réacteurs d’EDF en fonctionnement. Dans la centaine de défauts recensés par le gendarme du nucléaire français, un seul concerne la tranche n°2 de la centrale alsacienne: le taux de chutage de la virole basse d’un générateur de vapeur n’est conforme ni au programme technique de fabrication, ni aux règles de conception et de construction des matériels mécaniques des îlots nucléaires des REP. Un problème également mis à jour sur l’EPR de Flamanville.

Impuretés dans l’acier

Dans une note technique, l’ASN rappelle qu’en 2008, au cours du forgeage de la virole basse, Creusot Forge (groupe Areva) a décidé de ne pas couper (chuter) l’une des deux extrémités du lingot. La majeure partie de cette ‘masselotte’ est donc présente dans la pièce finale, «ce qui peut conduire à la présence d’inclusions dans l’acier et à une composition chimique locale du matériau pouvant dégrader sa soudabilité, son vieillissement et ses propriétés mécaniques».

Irrégularité grave

Les associations estiment qu’Areva (constructeur des pièces incriminées) et EDF (exploitant de la centrale) ont «mis en service un équipement à risques ne satisfaisant pas aux exigences essentielles de sécurité», alors qu’elles «avaient connaissance d’une irrégularité grave sur le réacteur n°2 de Fessenheim».

La virole basse d’un générateur de vapeur présente la forme d’un cylindre creux de plus de 4 mètres de haut et de plus de 3 m de diamètre. Elle constitue la partie basse de l’enceinte externe de la partie secondaire du générateur de vapeur. Elle est réalisée en acier et pèse plusieurs dizaines de tonnes.

Les plaignants accusent en outre Areva «d’avoir sciemment utilisé un faux en vue d’obtenir un certificat de conformité délivré par l’ASN».

Le 19 juillet dernier, l’ASN avait suspendu le certificat d’épreuve qu’elle avait délivré à Areva en 2012 pour le générateur de vapeur incriminé. «Le processus de forgeage de la virole basse de ce générateur de vapeur, réalisé en 2008, n’a pas été mené conformément au dossier technique remis à l’ASN et aux règles de l’art», indiquait l’Autorité de sûreté. Le régulateur n’avait pas été informé de cette non-conformité. «La connaissance de cette non-conformité, sans justification particulière, aurait conduit l’ASN à ne pas délivrer de certificat d’épreuve en 2012.»

 

 



[1] Greenpeace France, le réseau Sortir du nucléaire, Stop Transports-Halte au nucléaire, Stop Fessenheim, CSFR, Alsace Nature et France Nature Environnement.

 



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