Fertilité: l'environnement au rang des accusés

Le 14 février 2007 par Bérangère Lepetit
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L'environnement, et les substances chimiques en particulier, seraient responsables de la baisse de la fertilité masculine.


14% des couples en France ont consulté un jour pour une question d'infertilité ou de difficulté à concevoir. Chez les femmes âgées de 25 à 44 ans, 30% déclarent avoir eu des difficultés à avoir un enfant ou n'ont pas pu en avoir (1).

Quel est le rôle de l'environnement dans ces difficultés? A quel point les produits chimiques présents dans l'air, l'eau, l'alimentation peuvent-ils influer sur notre capacité de reproduction? Les questions se multiplient, mais les réponses restent timides.

Si le lien est avéré chez les animaux, les interrogations demeurent chez l'humain. «Les premiers effets sur des oiseaux et des mammifères ont été observés en 1947, explique Jean-Marc Porcher, docteur en éco-toxicologie à l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris). Aux Etats-Unis, certains oiseaux se désintéressaient du processus de nidification. Puis l'altération de la reproduction des alligators en Floride, en raison d'une contamination par des pesticides, a été mise en évidence et cela a beaucoup marqué l'opinion publique».

Les recherches sur l'humain ont débuté plus tardivement. En 1992, une étude danoise fait l'effet d'un coup de tonnerre en mettant en évidence une baisse de la concentration en spermatozoïdes chez l'homme. On serait passé en Europe de 100 millions de spermatozoïdes par millilitre dans les années 1950 à 50 millions en moyenne dans les années 2000. Progressivement, différentes études révèlent une baisse de la fertilité masculine. Le cancer du testicule (qui entraîne la stérilité dans 30% des cas) est de plus en plus courant et les anomalies congénitales des organes reproducteurs seraient plus fréquentes.

Côté féminin, la baisse de la fertilité est peu visible. Si les consultations pour infertilité augmentent régulièrement, les maternités devenues plus tardives et le désir du couple d'avoir rapidement un enfant seraient également en cause.

En France, les chercheurs ont mis plus de temps à s'emparer de la question qu'aux Etats-Unis ou au Danemark. «Nous disposons de peu d'informations quant à l'évolution de la fertilité parmi la population, note Jean Bouyer, directeur de recherche à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), notamment parce que la mesure épidémiologique de la population reste difficile. Les taux d'acceptation des spermogrammes restent faibles, et les dosages hormonaux chez les femmes empêchent également de mener des études totalement objectives». Alfred Spira, professeur d'épidémiologie à Paris XI partage cet avis: «Il faut rappeler que la fertilité n'est pas une pathologie: il n'y a donc aucun registre, aucun enregistrement systématique dans les dossiers médicaux et les informations sont très difficiles à obtenir», explique-t-il. Résultat: longues, onéreuses et difficiles à réaliser, les études ont tardé.

En 2004, l'Inserm, l'Institut de veille sanitaire (InVS) et l'université de Copenhague ont mis en place l'Observatoire épidémiologique de la fertilité en France (Obseff). L'étude pilote, menée entre 2004 et 2006 sur 69 couples a confirmé l'effet néfaste du tabac sur la fertilité ainsi que la faisabilité de telles études. L'enquête finale, la première de ce type en France, démarrera fin 2007 et portera sur 1.000 couples n'utilisant pas de contraceptif. Objectifs: décrire le niveau de fertilité et d'infécondité involontaire et surtout, comprendre l'influence des facteurs environnementaux. 



(1) Selon une étude de l'Institut national d'études démographiques (Ined)




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