Fermer les petites lignes ou l’évaporation des voyageurs

Le 11 juin 2018 par Marine Jobert
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Le chevelu régional en suspens.
Le chevelu régional en suspens.
Alfenaar

Une étude commandée par la Fédération nationale des usagers des transports (Fnaut) tend à montrer qu’une nouvelle offre régionale de trains draine les voyageurs, quand celle de cars ne suffit pas à tous les capter.

Ceux qui prennent le train montent-ils aussi volontiers dans un car? Une étude commandée par la Fnaut au cabinet Trans-Missions fournit des informations intéressantes sur les goûts des voyageurs placés (involontairement) devant l’alternative. Alors que le sort des ‘petites lignes’ fait naître encore beaucoup d’inquiétudes dans les territoires après le rapport Spinetta, cette estimation de la perte de clientèle suite à un transfert sur route de services ferroviaires permet de «sortir de l’image d’Epinal» qui frappe cette problématique de report modal.

-40% vers le car

En partant de l’analyse de 12 cas, la Fnaut s’est demandé pour quel mode de transport optaient les voyageurs quand une ligne de train ou de car était amenée à fermer, temporairement ou définitivement. «Quand une ligne de train ferme, on perd en moyenne 40% de voyageurs dans la bataille, détaille Béatrice Jarrige, la directrice de Trans-Missions. Mais on ignore exactement quel pourcentage opte alors pour la voiture.» Quand une ligne de car ferme au profit de la réouverture d’une ligne ferroviaire, le volume de passagers augmente en revanche de 65% en moyenne. «Les passagers occasionnels ‘s’évaporent’ beaucoup plus que les scolaires, qui sont un public plus captif, détaille Béatrice Jarrige. Ils sont davantage sensibles à la qualité de la nouvelle offre proposée, même si elle plus chère.» Et de citer le cas de la ligne Avignon-Carpentras, rouverte en 2015 après 77 années d’inactivité. Le trafic a augmenté de 25%, avec un temps de parcours de 29 minutes (contre 45 à 55 minutes pour le car) et un tarif largement supérieur (7,5 euros en train contre 2,9 € en car). Ces chiffres sont-ils étonnants? «Pas vraiment, puisqu’on en revient au point de départ en nombre de voyageurs», constate la jeune femme.

Moratoire sur les fermetures

Ce ‘malus-car’, comme le qualifie la Fnaut, démontre que le transfert sur route est «une solution de facilité qui évite [à la SNCF] de faire les efforts techniques et commerciaux nécessaires. Elle évite aussi à certaines régions d’avoir à traiter les déficiences de leur gouvernance des trains TER.» La fédération demande un moratoire sur la fermeture de ces lignes tant que des études socio-économiques, «basées sur les possibilités d’un rail performant, n’auront pas été effectuées».

 

 



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