Fermer Fessenheim, ça coûte combien?

Le 30 septembre 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Fessenheim : fermera, fermera pas ?
Fessenheim : fermera, fermera pas ?
EDF

Le feuilleton de la limitation annoncée de la part du nucléaire dans la production d’électricité a connu un nouvel épisode. Ce mardi 30 septembre, la commission des finances de l’Assemblée nationale a auditionné les députés Hervé Mariton (UMP) et Marc Goua (PS), auteurs d’un rapport chiffrant les coûts du démantèlement de la centrale nucléaire de Fessenheim.

Pourquoi Fessenheim? La centrale nucléaire alsacienne est la plus ancienne du parc d’EDF. Elle est située à proximité d’une faille sismique. Et sur les bords du grand canal d’Alsace, susceptible de l’inonder. Bref, elle fait figure de favorite dans le peloton des centrales nucléaires à fermer, pour respecter le plafonnement à 63 gigawatts de la capacité nucléaire française et la réduction à 50% de la part de l’atome dans la production d’électricité tricolore; deux objectifs de la loi sur la transition énergétique.

Une fourchette large

Non encore publié, le rapport Mariton-Goua a un mérite: il présente non pas un, mais plusieurs, coûts de fermeture de Fessenheim. Hervé Mariton a son scénario préféré: 5 milliards d’euros. Dans cette hypothèse, il s’agit de fermer les deux tranches de 900 mégawatts (lesquelles auraient bénéficié d’une durée de vie de 60 ans, ce qui n’est pas le cas actuellement) et d’indemniser les collectivités locales et les copropriétaires français, allemand et suisses de l’installation. D’autres scénarios existent, a rappelé Marc Goua. L’un d’entre eux fixe à 650 M€ le montant du devis.

Au total, ont indiqué les deux rapporteurs, selon l’hypothèse que retiendront gouvernement, Parlement et opérateurs, fermer Fessenheim coûtera de 650 M€ à 7,7 Md€. Pas facile, dans ces conditions, de se faire une idée du juste prix. Raison sans doute pour laquelle la ministre de l’écologie a qualifié, sur France Inter, cette estimation de «farfelue».

Pas d’étude d’impact financier

Le président de la commission serait bien tenté de lui renvoyer le compliment. Gilles Carrez (UMP) reproche à la ministre l’absence totale de chiffrage économique de la fermeture de la centrale dans l’étude d’impact de son projet de loi.

Pour autant, les économistes en seront pour leurs frais. Raison de plus pour se replonger dans les coûts de fermeture et de démantèlement (total) des installations nucléaires grenobloises du CEA. Certes, à la différence des réacteurs d’EDF, il ne s’agit pas de réacteurs de puissance. Mais le programme Passage est la seule opération qui ait totalement intégré l’arrêt et la déconstruction de trois réacteurs de faible puissance (Mélusine, Siloé, Siloette) du laboratoire d’analyse des matériaux actifs (Lama) et d’une station de traitement d‘effluents radioactifs.

En 10 ans, le CEA de Grenoble a fait un retour à l’herbe pour un montant supérieur à 300 M€. Un montant qui s’appuie sur des travaux réels et non sur des conjectures, plus ou moins inspirées par des groupes de pression.



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