Ferme des 1.000 vaches: oui aux laitières supplémentaires

Le 23 février 2016 par Marine Jobert
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880 vaches dans une usine.
880 vaches dans une usine.

Rarement enquête publique -non obligatoire de surcroît- aura donné lieu à autant de commentaires et suscité autant d’attention médiatique! Dans le feuilleton de la ferme des 1.000 vaches, voici venue la publication de l’avis des commissaires-enquêteurs, réclamé par Stéphane Le Foll.

 

En avril 2015, le dépôt par l’exploitant d’un dossier de regroupement de cheptel, pour une demande d'augmentation d'effectif a? 880 vaches laitières, avait provoqué une telle émotion que le ministre de l’agriculture avait demandé cette enquête publique. Ses conclusions, consultatives et qui doivent faire l’objet d’une décision définitive de la préfecture de la Somme en avril prochain, sont favorables au projet. Mais l’exploitant n’avait pas attendu ces résultats puisqu’il avait, dès mars 2015, augmente? progressivement son cheptel de près de 300 vaches. Une amende de 7.800 euros et une astreinte journalière de 780 € lui avaient été infligées, «qui n’avaient toujours pas été payées au démarrage de l’enquête». L’avis des commissaires-enquêteurs vient conforter cet état de fait.

1.842 avis défavorables

Les 1.857 observations enregistrées sont pour la plupart «des ‘copier-coller’ de courriers-types a? disposition sur le site Novissen, [qui] n’apportent pas d’éléments nouveaux concrets par rapport aux courriers-types», notent les commissaires-enquêteurs. Trois pétitions s’opposant au projet ont été déposées (dont l’une a presque atteint 50.000 signatures en ligne). Les 15 avis favorables au projet sont en général «d’anciens agriculteurs de la région d’Abbeville qui sont pour le regroupement des élevages car, selon eux, les petits éleveurs ne peuvent plus faire face aux normes françaises de mise en conformité et rentabiliser leur élevage».

Méthaniseur 100% agricole

Les commissaires-enquêteurs affirment s’être bornés à répondre à une seule question: la demande de l’exploitant est-elle conforme au décret du 17 janvier 2011, applicable en l’espèce? Oui, répondent-ils, «la principale modification de ce projet d’arrête? complémentaire résulte du changement du méthaniseur, qui devient de fait un méthaniseur purement agricole avec le traitement de 100% de déchets végétaux [contre 35% de déchets ménagers précédemment]». Quant à l’augmentation du nombre de vaches laitières, elle ne peut, «ni juridiquement ni techniquement, être qualifiée de substantielle».

Craintes infondées

Se défendant d’exprimer tout point de vue sur le modèle agricole proposé par une ferme de 1.000 têtes, les commissaires-enquêteurs écrivent tout de même que «ce type de ferme devrait préserver l’industrie laitière qui est vouée à disparaitre si les exploitants ne sont pas en mesure de conserver une rentabilité minimale de leurs exploitations. (…) [C’est un] projet favorable a? l’aménagement du territoire». Quant aux nuisances décrites par les opposants (nuisances olfactives, augmentation des particules fines liée aux pratiques agricoles et de CO2 à cause des transports, pollution des nappes phréatiques, etc.), ils estiment qu’«on ne dispose pas des éléments qui permettent de comprendre le fondement de ces craintes». Sur tous les autres sujets (bien-être animal, épandage, santé publique, nuisances, conséquences économiques), les commissaires-enquêteurs se déclarent satisfaits des réponses apportées par l’entrepreneur ou par les services de l’Etat. Ils écrivent que «les critiques et craintes formulées par les opposants ne sont pas véritablement fondées et ne reposent pas sur des bases scientifiques aujourd’hui réellement vérifiées».

 

L’association Novissen, très active contre le projet, est sévèrement taclée, son président ayant déclaré lors d’une réunion publique que c’était le «caractère industriel» du projet qui justifiait son opposition. «Si demain Ramery [qui finance la ferme des 1.000 vaches] abandonne son projet, Novissen n'existera plus», aurait déclaré son président. «Cette réponse semble en opposition avec l’action que mène aujourd’hui Novissen», pointe perfidement l’avis.

 

 

 

 



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