Femmes enceintes: trop de poisson rend les enfants obèses

Le 17 février 2016 par Romain Loury
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Trois, bonjour les dégâts?
Trois, bonjour les dégâts?

Pas plus de trois de portions de poisson par semaine: telle est la dose que des chercheurs européens conseillent aux femmes enceintes de ne pas dépasser, au terme d’une étude publiée dans la revue Jama Pediatrics. En cause: une hausse du risque de surpoids chez les enfants, qui pourrait être liée aux contaminants.

Les poissons ne sont pas seulement riches en oméga-3: ils contiennent aussi des métaux lourds, en particulier du méthylmercure, nocif pour le développement cérébral, métal lourd qui se concentre vers le haut de la chaîne alimentaire, notamment les poissons prédateurs sauvages (thon, espadon, etc.). Et les poissons d’eau douce fortement bioaccumulateurs, dont l’anguille et la carpe, présentent de fortes teneurs en PCB.

Pesant le pour et le contre, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) préconisait en 2013 deux portions de poisson par semaine, dont une d’espèce riche en oméga-3, pour la population générale. Elle émettait toutefois des réserves pour les poissons les plus contaminés (poissons prédateurs sauvages, certains espèces d’eau douce), pour les groupes vulnérables, dont les femmes enceintes et les enfants de moins de 3 ans, avec des seuils à ne pas dépasser.

Risque accru de 22% à six ans

Or l’étude publiée dans Jama Pediatrics, menée sur 14 cohortes européennes (26.184 femmes enceintes), suggère qu’il pourrait y avoir lieu, chez les femmes enceintes, de fixer un seuil supérieur pour l’ensemble des poissons. Au-dessus de trois portions par semaine (toutes espèces confondues) consommées pendant la grossesse, les chercheurs révèlent un risque accru de surpoids ou d’obésité chez l’enfant.

Par rapport aux femmes se restreignant au plus à une seule portion hebdomadaire, celles en prenant au moins trois avaient 14% plus de risques que leur enfant soit obèse ou en surpoids à quatre ans, 22% de plus à six ans. Les chercheurs n’ont en revanche trouvé aucun significatif d’une consommation modérée, entre une et trois portions par semaine.

Les filles plus vulnérables

Le risque était plus marqué chez les filles que chez les garçons, de +31% contre +11% à six ans. Ce qui suggère un possible effet hormonal, et étaye l’hypothèse d’un effet délétère des contaminants présents dans le poisson, dont des perturbateurs endocriniens. Les chercheurs ne disposaient toutefois pas d’un échantillon de taille suffisante pour déterminer si le risque dépendait de certaines espèces de poissons plus que d’autres.

Leurs résultats viennent conforter les recommandations américaines: en 2004, la Food and Drug Administration (FDA) et l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) avaient conseillé de ne pas dépasser la dose de trois portions par jour chez les enfants de moins de trois ans, les femmes enceintes, allaitantes, mais aussi chez celles en âge de procréer.

En juin 2014, les deux agences ont toutefois revu leur copie: face à une consommation insuffisante de poisson dans ces groupes, elles ont pour la première fois fixé un seuil minimum de consommation, de deux doses par semaine, appelant à la prudence quant aux prédateurs sauvages et aux poissons d’eau douce, comme l’Anses.



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