FEAMP: la France soutient les investissements favorisant la surpêche

Le 05 mars 2020 par Stéphanie Senet
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Les écosystèmes marins, parents pauvres du FEAMP en France
Les écosystèmes marins, parents pauvres du FEAMP en France

Alors que le nouveau Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP) est en cours de négociation en trilogue, un rapport de l’ONG ClientEarth éclaire l’utilisation du précédent Fonds par la France.

Le FEAMP n’est pas tout. Quelles que soient ses grandes orientations, les Etats membres gardent le pouvoir d’accélérer ou de retarder la lutte contre la surpêche. C’est ce que démontre le rapport de ClientEarth basé sur l’utilisation des fonds européens par la France, l’Espagne et l’Irlande en 2017 et 2018, dans le cadre du précédent FEAMP (2014-2020). Celui-ci était doté de 6,4 milliards d’euros dont plus de 500 M€ pour la France.

Soutiens aux investissements

Dans l’Hexagone, le programme opérationnel a surtout ciblé «les investissements à bord» et «le soutien des jeunes pêcheurs au démarrage ou à l’arrêt définitif des activités de pêche», notent les auteurs. L’aide au remplacement des moteurs ou à la modernisation des navires constituent pourtant des subventions néfastes, qui devraient être supprimées selon des négociations en cours à l’OMC[1]. En revanche, Paris a oublié d’investir dans l’accompagnement des pêcheurs dans la mise en œuvre de l’obligation de débarquement, en vigueur à partir de 2019 dans l’UE.

Impasse sur l’environnement

Au contraire, peu de fonds ont été utilisés pour la protection de l’environnement. L’évaluation de l’impact de la pêche dans les zones Natura 2000 ou la restauration de ces zones n’ont pas connu l’essor attendu, contrairement à d’autres pays. En Irlande, par exemple, la priorité a été donnée à l’amélioration de la sélectivité des engins de pêche, à la restauration des huîtres indigènes, aux dispositifs de protection des cétacés. Avec des effets bénéfiques à la clé pour les espèces halieutiques.

Stabilité économique

Aucune crise économique n’est pourtant à craindre dans les rangs français. Le rapport fourni par le ministère de la pêche montre une stabilité des captures entre 2015 et 2018, accompagnée d’une hausse du prix du poisson de 18%. Un état des lieux partagé par le gouvernement irlandais, qui en a profité pour stopper définitivement son soutien à l’arrêt définitif des activités de pêche.

Alors que le trilogue sur le nouveau FEAMP (2021-2027) s’est réuni le 4 mars à Bruxelles, l’ONG appelle les décideurs européens à consacrer au moins 25% de la prochaine enveloppe à la restauration ou à la conservation du milieu marin. Au niveau de l’UE et de chaque Etat membre.

 

 

 

 



[1] Organisation mondiale du commerce