Faute de RER, Bruxelles taxe les automobilistes

Le 17 février 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'automotrice Desiro ML devrait équiper le futur RER bruxellois.
L'automotrice Desiro ML devrait équiper le futur RER bruxellois.
Siemens

Les Français ne l’ont pas instaurée. Les Belges le feront –peut-être... C’est ce lundi 17 février que débute l’expérimentation d’une écotaxe dans le Grand Bruxelles. Deux mois durant, 1.200 véhicules vont embarquer un dispositif qui calculera les distances parcourues quotidiennement. Les automobilistes devront ensuite s’acquitter d’une taxe kilométrique de 9 cents/km dans Bruxelles et sa proche banlieue et de 5 cents par km effectué sur les autoroutes et les routes nationales. Ces tarifs seront modulés selon les heures et les jours. La décision de l’étendre (ou non) à l’ensemble des «navetteurs» de l’agglomération bruxelloise pourrait être prise au début de l’été.

Tous les partis sont contre

Fruit d’un -rare- accord entre les trois régions belges, ce projet de taxe kilométrique suscite bien des commentaires. Rudy Vervoort, ministre-président de la région de Bruxelles-Capitale (PS), y est très favorable, à condition que cette taxation se substitue à d’autres. Ancien ministre du climat et de l’énergie et actuel patron du parti socialiste belge, Paul Magnette y est… opposé. Tout comme les responsables du Centre démocrate humaniste (ex-parti social chrétien), des fédéralistes démocrates francophones, du Mouvement réformateur (centre droit). Lancée le 7 février, une pétition s’opposant au projet a déjà recueilli près de 170.000 signatures. Bref, l’écotaxe à la belge n’est pas encore une réalité. Seuls les écologistes francophones d’Ecolo soutiennent le projet, à condition qu’il garantisse le respect de la vie privée. Ce qui n’est pas le cas actuellement, précisent-ils, courageusement.

Des sous pour le RER?

A peine mise en œuvre, la taxe kilométrique a du plomb dans l’aile. Dommage. Elle aurait pu servir à financer, au hasard, le RER bruxellois. Né dans les années 1920, ce projet de train express régional doit entrer en service en… 2025. En principe. Car il est régulièrement torpillé par la Flandre. La région flamande n’entend pas financer un train régional qui permettrait à ses habitants d’aller travailler dans une région… majoritairement francophone.

Certaines associations écologistes s’élèvent contre une infrastructure qui pourrait dénaturer certains quartiers de la capitale du royaume. Enfin, la SNCB (la SNCF belge) ne voit pas d’un très bon œil ce nouveau train qui n’est pas dans son «core business». Bref, comme l’écrit l’urbaniste Ludivine Damay, «le RER est un dossier complexe, marqué par des enjeux sociaux, politiques et économiques importants. Il apparaît d’abord comme emblématique de l’antagonisme politique, dans un pays marqué par un fédéralisme de dissociation».



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